Se graisser la patte [sø gʁese la pat]

Fig. A. Amis se graissant la patte.

[sø gʁese la pat] (CORRUPT. MARCH. PUBLIC.)

Parmi les nombreuses expressions françaises qui évoquent les rouages invisibles du pouvoir, se graisser la patte occupe une place de choix. Elle résume en une image aussi parlante que collante ce petit coup de pouce bien huilé qui permet à certains d’avancer plus vite que d’autres.

Régler ça au chausse-pied [ʁegle sa o ʃospje]

Fig. A. Chausse-pied.

[ʁegle sa o ʃospje] (LOC. CORDONN. BOUR.)

Dans l’arsenal des expressions que nous ont léguées les anciens qui ne faisaient pas dans la dentelle, régler ça au chausse-pied occupe une place de choix, quelque part entre forcer comme un âne et y aller à la truelle.

Se torcher le cul avec un boulon [sø tɔʁʃe lø ky avɛk œ̃ bulɔ̃]

Fig. A. Manoeuvre s’en torchant le cul avec un boulon.

[sø tɔʁʃe lø ky avɛk œ̃ bulɔ̃] (LOC. MEPRIS. CROT.)

Il est des expressions qui par leur seule évocation provoquent une réaction immédiate.

Se torcher le cul avec un boulon appartient à cette famille où l’incongruité le dispute à la cruauté visuelle. Il faut dire que l’image est éloquente : s’essuyer le séant souillé avec un objet aussi inadapté qu’un boulon, c’est l’assurance d’une expérience pour le moins désagréable, voire douloureuse.