Attraper le lustre [atʁape lø lystʁ]

Fig. A. Lustre.

[atʁape lø lystʁ] (loc. théât. GR. GUEUL.)

Baudelaire trouvait que « le plus beau dans un théâtre c’est le lustre, – un bel objet lumineux, cristallin, compliqué, circulaire et symétrique ». Comme le poète a toujours raison il n’est point surprenant que d’aucuns aient tout fait pour l’attraper, cet objet magnifique.

Ne pas avoir les pneus les plus gonflés du peloton [ne pa avwar le pnø ply gɔ̃fl dy pəlotɔ̃]

Fig. A. Cycliste.

[ne pa avwar le pnø ply gɔ̃fl dy pəlotɔ̃] (CYCL. PHANT. SABR.)

Dans le grand tour de la vie où chacun mouline à son rythme il est des compétitrices dont l’équipement est plus aérodynamique que d’autres dont les atours attirent.

Si l’on prête aisément au peloton ses mollets affûtés et son goût pour les échappées belles, ses chutes à l’arrière, son pot belge et ses piqûres revigorantes reçues à l’insu de son plein gré, il est aussi une analogie plus charnelle qui s’invite parfois dans la conversation.

Avoir arrêté l’école à la grille [avwaʁ aʁɛt lekɔl a la gʁij]

Fig. A. « Je ne dois pas chanter pendant la leçon d’histoire ». Archives pers.

[avwaʁ aʁɛt lekɔl a la gʁij] (loc. scol. ABRU.)

Que ce soit ce sacré Charlemagne ou non qui eut un jour cette idée folle d’inventer l’école, il est une certitude sur son caractère imposé (que d’aucuns maudirent longtemps pour cause de différend avec des représentants du corps enseignant, mais ceci est une autre histoire¹) : celui-ci est dû à Jules Ferry et date de 1882. Ah, sacré Jules !

Se sucrer la gaufre [sø sykʁe la gofʁ]

Fig. A. Nobliau se sucrant la gaufre.

[sø sykʁe la gofʁ] (ÉLÉG. MAQUILL.)

C‘est sous le règne du numéroté quatorze des rois de France, Louis alias Soleil, que le maquillage acquiert ses lettres de noblesse. Il faut dire qu’à la cour on s’emperruque, on se poudre, on se rougit les joues et on se colle une mouche pour mieux charmer qui de droit. Qu’on soit homme, femme, curé, on se tartine le minois.