Catégorie : Classé X

Vermicelle de contrebande [vèrmisèl de kôtrebâd]

Fig. A. Échelle pénienne du BIT&E. 1953.

[vèrmisèl de kôtrebâd] (n. comp. PAST.)
Dans la grande famiglia della pasta il y a comme dans toute famille une distribution des rôles.

La pasta lunga est la reine avec ses spaghetti et linguine, les fetuccine tiennent leur rang grâce aux tagliatelles et pappardelles, les tubi font toujours rires quand on les aspire (rigatoni, macaroni, coquillettes), et la pasta ripiena rassasie les plus goinfres avec sa farce. 

Costume trois pièces [kòstym trwa pjès]

Costume trois pièces

Fig. A. Anglais honteux en costume trois pièces.

[kòstym trwa pjès] (n. comp. MOD.)
Veston, pantalon et gilet constituent le costume trois pièces, complet masculin d’une seule et même étoffe qu’Édouard VII fut le premier à porter en 1855.

Après l’invention du football (Cambridge, 1848) et avant la création des voitures les plus fabuleuses, c’est là l’une des trois raisons d’apprécier la Perfide Albion¹.

Être monté comme un âne [ètre môté kòm ûn- an]

Être monté comme un âne

Fig. A. Rare illustration d’un homme monté sous un âne.

[ètre môté kòm ûn- an] (loc. anim. ZOO.)
Certes la grammaire française est souvent pénible et faire bon usage sans le moindre faux pas des conjonctions, prépositions, adverbes et autres coordinations à la mais ou et donc or ni car relève de l’exploit.

Il est cependant quelques rares cas dans lesquels il est avisé de ne pas se tromper.

Avoir une livraison de bois devant sa porte [avwaʁ yn livʁɛzɔ̃ də bwa dəvɑ̃ sa pɔʁt]

Fig. A. Une livraison de bois devant la porte.

[avwaʁ yn livʁɛzɔ̃ də bwa dəvɑ̃ sa pɔʁt] (loc. verb. STER.)
SYN. y avoir du monde au balconavoir des oranges sur la cheminée.
Une fois abandonnée la chaleur animale des premières années surannées (de -2 400 000 à 1327 environ), c’est vers la cheminée que se sont tournés les hommes lors des hivers rigoureux et des soirées sans télé.

Mener Totoche à Medrano [məne tɔtɔʃ a mɛdʁano]

Totoche à Medrano

Fig. A. Clou-de-Girofle et Napoléona.

[məne tɔtɔʃ a mɛdʁano] (loc. verb. CiRQ.)
Durant les années surannées, c’est au cirque Medrano du boulevard de Rochechouart qu’on voit les meilleurs numéros de clown, avec George Foottit le clown blanc et son partenaire Chocolat, Auguste noir qui lui sert de défouloir dans les fameux numéros Acrobates sur la chaise, Chaise en bascule, ou La mort de Chocolat¹.

Emmener Zigomar au cirque en grande première mondiale [ɑ̃mne ziɡɔmaʁ o siʁk ɑ̃ ɡʁɑ̃d pʁəmjɛʁ mɔ̃djal]

Emmener Zigomar au cirque en grande première mondiale

Fig. A. Zigomar au cirque pour une première par son ami Pierrot.

[ɑ̃mne ziɡɔmaʁ o siʁk ɑ̃ ɡʁɑ̃d pʁəmjɛʁ mɔ̃djal] (loc. cirq. MEDRAN.)
Le quotidien et la gouaille du petit peuple du pavé ne sont pas les seuls producteurs de langue surannée. Il est aussi de rares hommes au phrasé naturellement riche d’une imagerie fanée mais ô combien efficace.

Avoir un deuxième bureau [avwaʁ œ̃ døzjɛm byʁo]

Fig. A. Le maréchal Mobutu au bureau.

[avwaʁ œ̃ døzjɛm byʁo] (loc. cong. BIT.)
Loin, très loin de ses cafés plus théâtres que Balto et de son boulevard sanctifié, la langue germanopratine a su trouver dans des contrées qui utilisent le français depuis des temps où il débarqua avec les colons qui le parlaient, de quoi se concocter des expressions aux petits oignons.

Aller aux Madelonnettes [ale o madlɔnɛt]

Fig. A. Louis XIV visitant Ninon de Lenclos aux couvent des Madelonnettes.

[ale o madlɔnɛt] (loc. n. com. CHÂTI.)
Certaines expressions de la langue surannée ont une belle histoire… Ou pas.

Par une nuit de 1618, Robert de Montry, riche marchand de vin, rentre chez lui. On l’imagine aisément fatigué par sa dure journée de négoce, peut-être même un tant soit peu enivré d’avoir goûté quelques uns de ses produits, conscience professionnelle oblige.

Faire une tête de monsieur-votre-bite-a-un-goût [fèr yn tèt de mesjö vòtre bit a ê ɡu]

faire une tête de monsieur-votre-bite-a-un-goût

Fig. A. Muscles faciaux en action pour faire une tête de monsieur-votre-bite-a-un-goût. Musée de l’Homme.

[fèr yn tèt de mesjö vòtre bit a ê ɡu] (loc. verb. BIT.)
Il existe de nombreux degrés dans la grimace de dégoût. Conséquemment, des dizaines d’expressions les traduisent, souvent avec une précision telle que leur simple énoncé peut entraîner des nausées voire écorcher le renard. La force évocatrice du langage…