Être un Tartuffe [ɛtʁ œ̃ taʁ.tyf]

Fig. A. « Je suis choqué ». Tartuffe.

[ɛtʁ œ̃ taʁ.tyf] (MOLIÈR. HYPOCR.)

Si vous séchâtes le cours de français en 6eB et ce mémorable crescendo théâtral qui devait aboutir à la non moins mémorable représentation de Le Tartuffe ou l’Imposteur en guise d’apogée du spectacle de fin d’année, préférant batifoler dans les prairies et découvrir la sensualité de la belle Isabelle plutôt que celle d’Elmire, il est normal que vous n’entendiez guère l’expression être un Tartuffe.

Baiser comme un lapin [bɛ.ze kɔm œ̃ la.pɛ̃]

Fig. A. Post coïtum animal triste.

[bɛ.ze kɔm œ̃ la.pɛ̃] (SEX. RAPID.)

Le lapin, cet animal mignon des livres pour enfants, est aussi — dans le langage populaire des temps où l’on sait le prendre — un symbole incontrôlé de copulation effrénée.

Couler un bronze [kule œ̃ bʁɔ̃z]

Couler un bronze

Fig. A. « Le moderne coulant un bronze ». Musée Rodin.

[kule œ̃ bʁɔ̃z] (ARTIST. SCATO)

On pourrait croire à une noble activité artisanale : le fondeur, le moule, la coulée incandescente, le travail du métal, le chef-d’œuvre qui prend forme sous les mains expertes du sculpteur. On pourrait, mais ce serait oublier tout le côté taquin de la langue surannée.