Catégorie : Pensées

Fesse-cahier [fèskajé]

Fig. A. Fesse-cahier terminant son quatrième tome.

[fèskajé] (n.comp. SCRIPT.)
Halte-là les coquins attirés par le titre de cette définition que vous vouliez croire enjôleur. N’imaginez pas un instant retrouver en ces lignes les frissons d’un Paris-Las Vegas, d’un Lui ou d’un Playboy.

Le dictionnaire raisonné des mots surannés et expressions désuètes est une entreprise qui se contente de dévoiler les dessous des mots, pas ceux des donzelles¹.

Naviguer sous le cap fayot [naviɡé su le kap fèjo]

Fig. A. Allégorie : 🎶patates-fayots, c’est le régime de la colo🎶.

[naviɡé su le kap fèjo] (loc. verb. CUIS.)
Loin des preuves modernes et irréfutables des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, en ces temps où ces espions du quotidien n’existaient même pas dans le cerveau des savants les plus fous, vous l’avez chanté.

Oui, c’est une certitude, vous avez entonné à tue-tête le refrain de la chanson : 🎶patates-fayots, patates-fayots, c’est le régime, c’est le régimeuh, patates-fayots, patates-fayots, c’est le régime de la colo🎶!

Gratter ses fesses au soleil [ɡraté sé fès o sòlèj]

Fig. A. Le paresseux possède des griffes spéciales pour se gratter les fesses au soleil.

[ɡraté sé fès o sòlèj] (loc. verb. ANPE)
Aristote, Boileau, Montesquieu et tant d’autres développèrent cette fameuse Théorie des climats qui veut, grosso modo, que chacun voit dans l’autre un idiot parce qu’il doit supporter le froid, un soumis parce qu’il subit la mousson ou un fainéant parce qu’il vit sous un soleil de plomb.

Gomme à effacer le sourire [ɡòm a éfasé le surir]

Fig. A. Ne souriez pas, vous êtes filmés.

[ɡòm a éfasé le surir] (surn. CRS)
Si l’expression du visage qui tend les muscles zygomatiques et découvre ce faisant la dentition – dite aussi sourire – est généralement assimilée à une expression de sympathie souhaitant entraîner la réciproque, elle n’en possède pas moins une certaine gradation allant du sourire de vendeur de voitures d’occasion ayant flairé le gogo, au sourire ironique adressé au CRS en faction devant la Sorbonne un 6 mai 68¹.

Battre la breloque [batre la brelòk]

Fig. A. Cœur arythmique.

[batre la brelòk] (gr. verb. CŒ.)
Ces gens là, sorti dans les bacs chez votre disquaire en 1963, nous le chantait sur la face B de son vinyle avec Mathilde qui était revenue :

🎶Ma mère voici le temps venu
D’aller prier pour mon salut
Mathilde est revenue

🎶Bougnat tu peux garder ton vin
Ce soir je boirai mon chagrin
Mathilde est revenue🎶

Merci patron [mèrsi patrô]

Fig. A. Ouvriers heureux au travail chantant leur bonheur. Musée du BIT.

[mèrsi patrô] (exclam. CHANS.)
C‘était avant le management, c’était avant les Power Point™, c’était avant les stages de team building, c’était avant les open spaces vicieux contrôleurs des intimités. C’était au temps des établissements des Magasins Réunis, des Maisons Bernard&fils ou du garage Gaudin.

Être bouché à l’émeri [ètre buSé a lémri]

Fig. A. Tire-bouchon déboucheur de bouché à l’émeri. Attention : valable uniquement pour une bouteille. Ne pas utiliser sur un être humain.

[ètre buSé a lémri] (loc. verb. ABRUT.)
Venue principalement de Naxos, magnifique île des Cyclades, la roche métamorphique composée de spinelle et de corindon qu’on appelle aussi émeri, fait depuis l’antiquité dans sa version poudrée, le bonheur des vignerons au moment de la mise en bouteille.

Donner des noisettes à ceux qui n’ont plus de dents [dòné dé nwazèt a sö ki nô ply de dâ]

Fig. A. Noisette dure à casser.

[dòné dé nwazèt a sö ki nô ply de dâ] (loc. verb. CARPE DI.)
On trouve dans les chansons grivoises de Gaultier-Garguille, alias Hugues Guéru ou Fléchelles pour les intimes, mention de donner des noisettes à ceux qui n’ont plus de dents. On peut donc affirmer que l’expression nous vient a minima du XVIIᵉ siècle, quand sévissait le comédien et chansonnier. Ce qui en prouve l’évidente surannéité, confortée par la lecture de l’extrait ci-dessous :

Donner deux jambons pour une andouille [dòné dö Zâbô pur yn âduj]

Fig. A. Jambon, andouille et saucisses.

[dòné dö Zâbô pur yn âduj] (loc. verb. BOUCHER.)
Selon certains experts reprenant l’expression de Kipling, il s’agirait « du plus vieux métier du monde »¹. Nous laisserons aux savants leur interprétation sur les origines de la tarification de l’usage du corps, et nous bornerons à examiner ici ce que la langue surannée a su composer pour exprimer la prostitution féminine.