Faire la nouba [fɛʁ la nuba]

Faire la nouba

Fig. A. La nouba à Meudon.

[fɛʁ la nuba] (FEST. PATACH.)

Célébrer la vie, braver la nuit et défier l’aube. Voilà ce que signifie faire la nouba pour le noceur des années surannées. Un programme qui a la sonorité du jazz ou de la java, l’odeur enfumée des bouis-bouis interlopes, le goût d’une Suze ou d’un Ricmuche bien tassé.

Avoir une écrevisse dans la tourte [avwaʁ yn ekʁəvis dɑ̃ la tuʁt]

Avoir une écrevisse dans la tourte

Fig. A.

[avwaʁ yn ekʁəvis dɑ̃ la tuʁt] (CRUSTAC. FOL.)

S ‘il est un malentendu fâcheux dans l’histoire de l’humanité, c’est bien celui qui fit croire que la marche arrière était un mode de déplacement valable. Car à bien y regarder, tout ce qui recule sans crier gare pose problème : le conducteur novice qui tente son créneau, l’âge de la retraite du travailleur, et surtout l’écrevisse.

Ne pas manger des salades d’artichaut avec des fleurs de violettes à la graine de sésame [nø pa mɑ̃ʒe salad de aʁtiʃo avɛk flœʁ vjolɛt a la gʁɛn sezam]

salades d'artichaut avec des fleurs de violettes à la graine de sésame

Fig. A. Plat du jour.

[nø pa mɑ̃ʒe salad de aʁtiʃo avɛk flœʁ vjolɛt a la gʁɛn sezam] (SIMPL. PLAT.)

Le suranné aime goûter les choses simples. D’autres, plus modernes, s’égarent dans des compositions hasardeuses où l’assiette devient un champ d’expérimentation douteux, où le goût se dilue dans des alliances improbables et où le bon sens culinaire est relégué à l’arrière-cuisine des ringards.

Aller se faire lanlaire [ale sø fɛʁ lɑ̃lɛʁ]

aller se faire lanlaire

Fig. A. « Allons, mon chou, va donc te faire lanlaire ! ».

[ale sø fɛʁ lɑ̃lɛʁ] (ARG. OUST.)

L‘impératif de l’expédition expéditive. L’injonction politique du congé forcé. La façon élégante et chantante de dire à autrui d’aller se faire voir ailleurs sans sombrer dans la vulgarité.

Avoir une tête à connaître le goût des feutres [avwaʁ yn tɛt a konɛtʁ lø gu de føtʁ]

Fig. A. Doux rêveur. Musée Faber Castell.

[avwaʁ yn tɛt a konɛtʁ lø gu de føtʁ] (FABER CASTEL. AHUR.)

L‘apparence est souvent trompeuse et c’est faire bien peu de cas que sous-estimer le contemplatif.

Pourtant, depuis les bancs de l’école jusqu’aux couloirs des officines où l’on décide, une catégorie d’individus se voit vite cataloguée : celle de ceux qui ont une tête à connaître le goût des feutres.