Mener quelqu’un en bateau [məne kɛlkœ̃ ɑ̃ bato]

mener quelqu'un en bateau

Fig. A. Quand la croisière s’amuse.

[məne kɛlkœ̃ ɑ̃ bato] (MENT. NAV.)

On peut faire le mur, le trottoir, la moue, le mariole, mais faire le marin malgré soi c’est une autre paire de manches à rayures. Et pourtant, c’est ce qui arrive au naïf, au crédule, au Bisounours de service quand on le mène en bateau.

Se rincer l’œil [sø ʁɛ̃se lœj]

Se rincer l'œil

Fig. A. Tableau de Wagner dans la vitrine de la galerie Romi, Robert Doisneau.

[sø ʁɛ̃se lœj] (OCCUL. EROS.)

Parfois poésie, lubricité contenue et galanterie gros sabots décident de travailler ensemble afin de fournir au langage une formule à double fond : attention un sens peut en cacher un autre.

Passer à la casserole [pase a la kasəʁɔl]

Passer à la casserole

Fig. A. Casserole sur le feu.

[pase a la kasəʁɔl] (CUIS. SEX.)

À l’heure des appariements consentis par d’étranges intermédiaires électroniques aux noms abscons, des émois codifiés en emoji, des galipettes calibrées à l’algorithme, il est bien normal de considérer avec suspicion cette expression qui vient d’un temps où les choses de la chair s’énonçaient avec panache — et, disons-le, une certaine audace culinaire : passer à la casserole.

Tirer le diable par la queue [tiʁe lø djabl paʁ la kø]

tirer le diable par la queue

Fig. A. Votre argent m’intéresse. Jérôme Bosch. 1973.

[tiʁe lø djabl paʁ la kø] (PAUV. BNP.)

Que les adorateurs du Lucifer, de Satan, de Belzébuth se rassurent : leur champion ne souffre pas lorsque le moindre indigent use de l’expression tirer le diable par la queue.

Être soupe au lait [ɛtʁ sup o lɛ]

soupe au lait

Fig. A. Mangeur de soupe au lait.

[ɛtʁ sup o lɛ] (COL. CUIS.)

Chacun le sait depuis la cantine de l’école Jean Macé : la soupe c’est dégueulasse. Mais ce n’est pas une raison pour monter illico sur ses grands chevaux !