Aller se jeter aux Goudes [alèr se Zeté o gud]

Fig. A. Quelques adeptes des bains de mer aux Goudes.

[alèr se Zeté o gud] (Prov. MARS.)

S‘il vous prenait, dans un accès de dépit mal réprimé, d’intimer à un contradicteur par trop contredisant d’aller se jeter aux Goudes, il serait préférable d’adopter l’accent chantant nécessaire au bon usage de l’expression. De celui qui fait dans le placement original de l’accent tonique et vous rappelle ce faisant qu’il est du Sud, qu’il aime le verbe quand il est haut et le Ricmuche pas trop noyé. Surtout pas de pointu.

Milord pot-au-feu [milɔʁ po o fø]

Fig. A. Ensemble de milords pot-au-feu.

[milɔʁ po o fø] (french connect. $$$)

A kiss on the hand may be quite continental, but diamonds are a girl’s best friend chantait, en angliche dans le texte, Carol Channing sur les planches de Broadway avant que Marilyn Monroe ne viennent lui voler la vedette pour devenir l’icône incarnant cette blonde préférée des milords pot-au-feu (en français dans le texte).

Ne pas être le lampadaire le plus lumineux du boulevard [nə pa ɛtʁ lə lɑ̃padɛʁ lə ply lyminø dy bulvaʁ]

Fig. A. Lumineux lampadaire de boulevard.

[nə pa ɛtʁ lə lɑ̃padɛʁ lə ply lyminø dy bulvaʁ] (exp. boulev. CON.)

Il faudra attendre que la fée électricité boute l’acétylène hors des becs à gaz qui éclairaient alors les grisettes de Paname en sus de ses trottoirs, pour que le lampadaire se décide à magnifier de sa luminescence intense le moindre quidam déambulant à ses pieds.

Payer au cul du camion [peje o ky dy kamjɔ̃]

Payer au cul du camion

Fig. A. Un camion avant le paiement.

[peje o ky dy kamjɔ̃] (loc. usur. TX BANC.)

Même si l’idée du camion qui germe dans l’esprit fécond de Nicolas Joseph Cugnot en 1769 peut être vue comme initiale, le bougre aura malheureusement le mot qui flanche en dénommant son chariot à transporter les charges lourdes un « fardier » (certainement parce qu’il permettait de se fader des fardeaux) et ne peut dès lors être crédité de l’invention de l’expression payer au cul du camion.

Mettre un brocco [mɛtʁ œ̃ brocco]

Fig. A. Les Apaches.

[mɛtʁ œ̃ brocco] (loc. largo. BAST.)

L‘escarpe des fortifs’, le rôdeur de barrière, qu’il soit des Gars de Charonne ou de la bande des Quatre Chemins ne fait pas dans la dentelle quand il s’agit de faire valoir son point de vue. L’Apache en désaccord n’hésite pas en effet à mettre un brocco, histoire d’argumenter. La Belle Époque c’est aussi du bourre-pif, de la taloche, de la nasarde, pas que de la java ou de la valse chaloupée.