Catégorie : Faits divers

Avoir la tête dans le seau [avwaʁ la tɛt dɑ̃ lə so]

Locution très prisée des lendemains d’ivresse et des matins sans filtre

Avoir la tête dans le seau

Fig. A. De retour de bamboche, la tête dans le seau.

[avwaʁ la tɛt dɑ̃ lə so] (BAMBOCH. BEARK.)

Il est des matins triomphants, où celui qui se lève tôt s’étire sous une lumière dorée, prêt à conquérir le monde en sifflotant.

Se faire porter pâle [sə fɛʁ pɔʁ.te pal]

Locution verbale militaire – devenu bureaucratique – tendant vers l’universel de la maladie simulée

se faire porter pâle

Fig. A. Commission médicale sceptique examinant un glandeur.

[sə fɛʁ pɔʁ.te pal] (MILI. MALAD.)

Expression issue du jargon militaire, se faire porter pâle signifiait, au XIXe siècle, se faire inscrire sur la liste des malades sans être vraiment malade — histoire de sécher l’appel, l’exercice ou la corvée de patates.

À fond les ballons [ a fɔ̃ le balɔ̃]

Expression de propulsion désuète, utilisée jadis pour signaler l’atteinte de vitesses folles, d’intensités rares ou de décisions irréfléchies mais joyeusement assumées

Fig. A. 100 km/h sur une nationale.

[ a fɔ̃ le balɔ̃] (VIT. VIE.)

Il fut un temps où vitesse maximale et enthousiasme débordant étaient loués, la retenue n’étant pas alors une caractéristique enviable si ce n’est pour celui qui envisageait une carrière dans les ordres.

Couler un bronze [kule œ̃ bʁɔ̃z]

Expression surannée à forte teneur métallique et olfactive, évoquant une opération à la fois intime et sans grande poésie, mais réalisée avec panache lexical

Couler un bronze

Fig. A. « Le moderne coulant un bronze ». Musée Rodin.

[kule œ̃ bʁɔ̃z] (ARTIST. SCATO)

On pourrait croire à une noble activité artisanale : le fondeur, le moule, la coulée incandescente, le travail du métal, le chef-d’œuvre qui prend forme sous les mains expertes du sculpteur. On pourrait, mais ce serait oublier tout le côté taquin de la langue surannée.

Avoir un poil dans la main [a.vwaʁ‿œ̃ pwal dɑ̃ la mɛ̃]

L'accusation la plus velue de la langue française

Avoir un poil dans la main

Fig. A. Poilu de la main.

[a.vwaʁ‿œ̃ pwal dɑ̃ la mɛ̃] (IMAG. FLEM.)

Dans la hiérarchie des expressions stigmatisantes (les djeuns’ d’aujourd’hui s’en diront « chôqués »), avoir un poil dans la main occupe une place de choix.

Avoir la main verte [avwaʁ la mɛ̃ vɛʁt]

Illustration vintage d’un jardinier aux mains couvertes de terre cultivant des plantes luxuriantes – expression avoir la main verte

Fig. A. Main de jardinier.

[avwaʁ la mɛ̃ vɛʁt] (METAPH. AGRIC.)

Le joueur aura la main tout simplement. Le cogneur l’aura leste et sa victime courante. Le généreux sur le cœur. Le vicelard baladeuse. Le patineur l’aura jaune. Et ce n’est pas le peintre un peu brouillon qui aura la main verte.

Se gratter la couenne avec un clou rouillé [sə ɡʁa.te la kwan a.vɛk œ̃ klu ʁu.je]

Se gratter la couenne avec un clou rouillé

Fig. A. Quand ça grattouille.

[sə ɡʁa.te la kwan a.vɛk œ̃ klu ʁu.je] (loc. bêt. BRICOL.)

Quand un comportement fleure bon la mauvaise idée, l’imprudence crasse et le manque flagrant de discernement, il a une expression qui l’attend dans les temps surannés. Il se dit en effet d’un grand malavisé qu’il se gratte la couenne avec un clou rouillé. Pas besoin d’être bricoleur pour comprendre.

Jouer du peigne à friser les idées [ʒwe dy pɛɲ‿a fʁize lez‿ide]

Coiffeuse jouant du peigne

Fig. A. Coiffeuse jouant du peigne à friser les idées.

[ʒwe dy pɛɲ‿a fʁize lez‿ide] (métaph. BLABLA.)

Qu’elles fassent dans la litote ou l’euphémisme, l’anaphore ou l’oxymore, il est des figures de style qui se tiennent droites dans leurs bottes, aux idées bien carrées, lissées par la rigueur et rendant compte d’une pensée logique.