Catégorie : Pensées

Tarare pon-pon [tarar pònpô]

Fig. A. Adam en tarare pon-pon baratinant la blonde Ève. Marcantonio Raimondi.

[tarar pònpô] (onomat. FANFA.)
Depuis qu’Adam s’est vu comparé au serpent par une Ève gourmande, il n’a eu de cesse d’inventer des stratagèmes compliqués pour se mettre en avant et prouver combien son appendice n’a rien à envier à celui de Nahash.

Mou comme un Sybarite [mu kòm ê sibarit]

Fig. A. Sybarite trinquant.

[mu kòm ê sibarit] (loc. adv. BACCH.)
La légende urbaine (bien différente de l’historique, sérieuse quant à elle) raconte que la dyslexie spontanée et fou-riante générée par la dénomination des citoyens de Sybaris, entraîna la chute en désuétude de l’expression mou comme un Sybarite. Triste et risible à la fois fut donc le destin de cette historique comparaison.

Ne pas se fouler la verge [ne pa se fulé la vèrZ]

Fig. A. Branleurs.

[ne pa se fulé la vèrZ] (loc. verb. GLAND.)
L‘effort structurant comme valeur ces temps désormais surannés, la critique acerbe de celui n’en fournissant aucun fut pourvoyeuse de nombreuses expressions plus ou moins imagées.

Triturons ci-après celle qui porte aux nues celui qui n’en fiche pas une rame (ou n’en branle pas une comme on dit grossièrement).

L’abbaye des s’offre-à-tous [labéi dé sòfreatu]

Fig. A. Henri de Toulouse-Lautrec, Salon de la rue des Moulins.

[labéi dé sòfreatu] (n. com. BORD.)
L‘ordre monastique de Cluny créé au Xᵉ siècle fut à l’origine du nom d’abbaye. Il est donc évident que l’abbaye de s’offre-à-tous ci-dessous définie ne peut avoir existé avant; en tant qu’expression s’entend, car en tant que lieu l’abbaye de s’offre-à-tous existe depuis toujours puisqu’on y exerce le plus vieux métier du monde.

Ne pas durer aussi longtemps que les contributions [ne pa dyré osi lôtâ ke lé kôtribysjô]

Fig. A. Le temps qui court, court. Allégorie.

[ne pa dyré osi lôtâ ke lé kôtribysjô] (loc. verb. TVA.)
SYN. Durerà quant’u pane caldu (lang. corse).
Depuis qu’il a inventé le temps, l’homme n’a de cesse de le mesurer au plus serré afin d’éviter de perdre le sien tout en n’hésitant pas à faire attendre sous l’orme et ainsi gaspiller celui de l’autre (mais ceci est une autre histoire).

Passer le pont de Gournay [pasé le pô de ɡurnè]

Fig. A. Incitation publicitaire à passer le pont de Gournay.

[pasé le pô de ɡurnè] (loc. verb. STUPR.)
En toute époque la décence a des bornes. Celles de la dionysiaque Grèce antique ou de la décadence romaine ne sont pas les mêmes que celles des années flower power, et elles évolueront sensiblement au cours des onze siècles d’existence de l’abbaye de Chelles (657-1790) qui sera par ailleurs l’un des lieux en créant la mesure.

Frère Jacques [frèr Zak]

Fig. A. Première partition manuscrite de frère Jacques.

[frèr Zak] (n. pr. SEX.)
Selon une étude menée par le Dictionnaire raisonné des mots surannés et expressions désuètes, et ce bien que les preuves écrites de la thèse osée que nous avançons ci-dessous soient minces, il est plus que vraisemblable que frère Jacques fut un jour synonyme de Popaul.

Décrocher la timbale [dékròSé la têbal]

Fig. J. Fête des rillauds et du pâté aux prunes à Mauges-sur-Loire.

[dékròSé la têbal] (loc. verb. COCA.)
SYN. Bingo.
Dans les temps anciens du langage suranné, quand l’ascenseur social n’était même pas en panne puisqu’il n’existait pas, seul le mât de cocagne permettait de sortir de la fange. En parvenant au faîte de son érection lubrifiée fichée en place du village, le gueux pouvait espérer atteindre le filet garni ou mieux, décrocher la timbale.