Être fier comme un pou (sur son tas de fumier) [ètre fjèr kòm û pu syr sô ta de fymjé]

Fier comme un pour

Fig. A. Pediculus humanus capitis.

[ètre fjèr kòm û pu syr sô ta de fymjé] (loc. capit. PEDICUL.)

Déjà dans les temps surannés l’arrogant n’était pas en odeur de sainteté.

Monté sur ses ergots pour tenter de lâcher ses vents plus haut que son séant, le péteux comme il convient de le nommer a même fait l’objet d’une qualification complète qui s’est un peu contractée par la suite, sans doute pour faciliter son usage.

Et mon cul c’est du poulet ? [é mô ky sè dy pulè ?]

Fig. A. Poulet sidéré.

[é mô ky sè dy pulè ?] (quest. réth. COT.)

Entre doute poli et sidération absolue existe une zone trouble que le français classique avait du mal à irriguer de ses interjections trop imprécises.

Un « quoi ?! », même suivi de points d’interrogation et d’exclamation, tâtonne. Un « mais c’est pas possib' » se contente de déplorer et un « tu m’en diras tant… » joue de son clair-obscur pour précisément ne pas en dire tant que ça.

Connaître le journal [kònètre le Zurnal]

Connaître le journal

Fig. A. Infos du Monde, l’un des rares journaux à dire la vérité.

[kònètre le Zurnal] (loc. argot. BOURGE.)

La modernité novlangagière coincée, communément présente dans les Power Point® start-upiens et les discours en tribune des diverses autorités républicaines, tend à faire oublier que les mots surannés se sont autant épanouis sur les fortifs que dans les beaux quartiers.

Les garçons bouchers de la Villette ou les maquereaux de Pigalle n’ont pas été les seuls à jacter façon codée afin que les murs (qui ont des oreilles) et la maréchaussée n’entravent que pouic : le bourgeois propre sur lui n’a jamais été en reste.

Être un ouvrage de peintre [ètr ûn- uvraZ de pêtr]

Un ouvrage de peintre

Fig. A. Ouvrage des premiers peintres.

[ètr ûn- uvraZ de pêtr] (loc. artist. PICTU.)

Des grottes dordognaises aux murs des palais en passant par les plafonds des chapelles consacrées, le peintre a fourbi ses doigts, ses pinceaux, ses couteaux, pour rendre compte avec tout son talent des rêves et vicissitudes des années surannées.