Faire un bide [fèr ê bid]

Fig. 1. Hamlet faisant un bide.

[fèr ê bid] (fam. SPECT.)
Si l’échec est toujours cuisant pour l’artiste quelle que soit son époque, en ces temps d’autrefois il se trouvait en sus ventripotent, une tare mal-aimée comme on le voit aussi dans Gros-Jean comme devant.

Oui, parfois la langue surannée à cela qu’elle est puissamment humiliante quand elle se met en tête de vous la mettre sous l’eau (la tête). Il est ainsi cette expression qui dote d’un surpoids bedonnant celui qui n’aura pas eu l’heur de plaire à son public et que nous allons donc de concert étudier sur le champ.

22 voilà les flics [vêt-dö vwala lé flik]

22 voilà les flics

Figure. F. Contrrrôle du véhicule. Archives Gendarmerie Nationale.

[vêt-dö vwala lé flik] (interj. exclam. TAÏAU.)

Quand la maréchaussée pointait le bout du nez ou plutôt celui de son bâton, le monte-en-l’air, l’arnaqueur, le rat d’hôtel, le malandrin avaient comme surannée exclamation en guise d’annonce de débandade celle du 22 voilà les flics. C’est en tout cas ce que me racontaient les films et les bouquins.

Yoyoter de la touffe [jwòjòté de la tuf]

Fig. A. « Pépé yoyote de la touffe« .

[jwòjòté de la tuf] (verb. 1er gr. FOL.)
Jusque dans la folie le suranné est juste et imagé. Il n’y peut rien il est comme ça. Il faut dire qu’il a eu le temps de s’affiner car depuis que la langue se délie et que l’homme délire, il en a croisé des doux dingues, des tarés, des cinglés, des neuneus, des idiots du village et des fous de la nef.

Mener une vie de bâton de chaise [mené yn vi de batô de Sèz]

Fig A. Chaise à porteurs et ses bâtons.

[mené yn vi de batô de Sèz] (gr. n. FIESTA.)

Il est dans la langue surannée quelques analogies qui laisseront pantois le béotien moderne mais feront le régal du praticien classique. Si l’on peut être choqué par les œufs en couille d’âne, si l’on peut hésiter à aller chez le merlan, s’il est toujours délicat de se faire empapaouter, il est déconcertant de mener une vie de bâton de chaise.

Trois francs six sous [trwa frâ sis su]

Fig. A. 1 Franc !

[trwa frâ sis su] (unit. mon. POGN.)

Leuro, monnaie moderne et bien pratique (n’est-ce pas là l’objectif de toute modernité d’ailleurs, la praticité ?) nous a envoyé paître en surannéité une unité de mesure de plus et avec elle l’expression du bien peu.