Aller chez le merlan [ale ʃe lə mɛʁlɑ̃]

[ale ʃe lə mɛʁlɑ̃] (exp. coiff. L’OREA.)
Ah que voilà une expression qui sent la gomina, le garçon maniéré et la raie sur le côté. Aller chez le merlan ne se pratique guère plus depuis que les concepts franchisés ont stéréotypé la création capillaire. Désormais ce sont des Jean-Machin, des Charles-Bidule ou des Tony&C° qui nous ratiboisent la cabeza au son de leur libre appréciation des soubresauts météorologiques ou d’une musique tellement barbare qu’elle n’en mérite pas le nom. Le merlan, le vrai, celui avec la bagouze et le clope au bec, la chaîne en or et la petite moustache, mais celui qui savait faire un cranté ou une choucroute est mort. Et avec lui sa tendre appellation, plus respectueuse qu’il n’y parait à première vue. Car ce merlan avait notre vie entre ses mains, notre vie de l’instant vu qu’il maniait le coupe-choux, notre vie de demain car pour plaire à la donzelle il faut avoir l’allure.

En sortant de chez le merlan on avait une gueule de star de cinéma et on posait chez le photographe du coin, vous savez pour cette photo qu’on garderait toute sa vie posée sur un coin du buffet. C’est pour ça que nos grands-pères et nos grands-mères sont si beaux encore aujourd’hui.

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