Catégorie : Langues

Ça gaze ? [sa ɡaːz ?]

Fig. A. L’As des As. 1915.

[sa ɡaːz ?] (form. interr. AÉRO.)
La richesse de la langue française est infinie, autant que sa complexité.

Ainsi, trois lettres, g-a-z, offrent-elles non seulement un impressionnant rapport points / occupation de l’espace lorsqu’elles sont judicieusement placées au Scrabble® mais, de plus, conduisent à moult développements sémantiques.

Être de la pipe [ètre de la pip]

Fig. A. “Une petite pipe et au lit”.

[ètre de la pip] (loc. verb. MENT.)
Cassée quand c’est la fin, par tête quand il faut casquer, taillée (libidineuse qu’elle est), au nom d’elle même quand il s’agit de s’exclamer, débourrée aux toilettes… La pipe est présente dans tant d’expression surannées qu’elle demande à être précisément analysée dans chacun de ces cas pour s’avérer intelligible.

Connaître le journal [kònètre le Zurnal]

Connaître le journal

Fig. A. Infos du Monde, l’un des rares journaux à dire la vérité.

[kònètre le Zurnal] (loc. argot. BOURGE.)
La modernité novlangagière coincée, communément présente dans les Power Point® start-upiens et les discours en tribune des diverses autorités républicaines, tend à faire oublier que les mots surannés se sont autant épanouis sur les fortifs que dans les beaux quartiers.

Les garçons bouchers de la Villette ou les maquereaux de Pigalle n’ont pas été les seuls à jacter façon codée afin que les murs (qui ont des oreilles) et la maréchaussée n’entravent que pouic : le bourgeois propre sur lui n’a jamais été en reste.

Porter la Sorbonne à Charlot [pòrté la sòrbòn a Sarlo]

Porter la Sorbonne à Charlot

Fig. A. Louison, Louisette, Mirabelle, la veuve, l’abbaye de monte-à-regret.

[pòrté la sòrbòn a Sarlo] (loc. judic. EXÉC.)
Dans un pays d’intellectuels comme la France, c’est à la tête qu’on s’attaque quand on veut sanctionner. En la tapotant pour une petite bêtise, en tirant ses oreilles pour une insolence, en cognant très fort dessus en cas de manifestation sur la voie publique, en la coupant quand il n’y a vraiment rien d’autre à faire.

Changer l’eau des olives [ʃɑ̃ʒe lo dez- ɔliv]

Changer l'eau des olives

Fig. A. “Je vais changer l’eau des olives, René tu nous remets la p’tite sœur pendant ce temps ?”.

[ʃɑ̃ʒe lo dez- ɔliv] (loc. urin. OLIV.)
En 1545, Charles Estienne, médecin, écrivain et imprimeur de son état, publie le fameux De Dissectione partium corporis humani, qui nous autorise à penser qu’au XVIᵉ siècle on est en mesure de savoir que l’urine est contenue dans la vessie avant de rejoindre le caniveau.