Catégorie : Langues

Changer l’eau des olives [ʃɑ̃ʒe lo dez- ɔliv]

Changer l'eau des olives

Fig. A. « Je vais changer l’eau des olives, René tu nous remets la p’tite sœur pendant ce temps ? ».

[ʃɑ̃ʒe lo dez- ɔliv] (loc. urin. OLIV.)
En 1545, Charles Estienne, médecin, écrivain et imprimeur de son état, publie le fameux De Dissectione partium corporis humani, qui nous autorise à penser qu’au XVIᵉ siècle on est en mesure de savoir que l’urine est contenue dans la vessie avant de rejoindre le caniveau.

Coûter bonbon [kute bɔ̃bɔ̃]

Coûter bonbon

Fig. A. Un bonbon = une peau de zibeline.

[kute bɔ̃bɔ̃] (loc. verb. CONFIS.)
C‘est l’une des plus vieilles expressions surannées.

Pour aider le lecteur à la situer dans les temps improbables où elle est née, signalons qu’elle est liée à l’économie de troc, quand un marcassin valait une fourrure de zibeline, quand une gravure sur la roche s’échangeait contre de la racine de manioc (si l’auroch était bien dessiné).

Faire une tête de monsieur-votre-bite-a-un-goût [fèr yn tèt de mesjö vòtre bit a ê ɡu]

faire une tête de monsieur-votre-bite-a-un-goût

Fig. A. Muscles faciaux en action pour faire une tête de monsieur-votre-bite-a-un-goût. Musée de l’Homme.

[fèr yn tèt de mesjö vòtre bit a ê ɡu] (loc. verb. BIT.)
Il existe de nombreux degrés dans la grimace de dégoût. Conséquemment, des dizaines d’expressions les traduisent, souvent avec une précision telle que leur simple énoncé peut entraîner des nausées voire écorcher le renard. La force évocatrice du langage…

Aller se faire gonfler chez Michelin [alé se fèr ɡôflé Sé miSlê]

Michelin

Fig. A. Type de 130 kilos disant certaines choses à un type de 60 kilos. Allég.

[alé se fèr ɡôflé Sé miSlê] (loc. insult. PNEU.)
Disposant du très efficace va te faire empapaouter pour inciter le branque à adopter une posture que son contradicteur juge plus conforme à son état d’esprit ou à son attitude, la langue surannée n’avait besoin d’aucun synonyme dans l’invective.

Debout les crabes la mer monte [debu lé krab la mèr môt]

Fig. A. Cosme de Médicis, fondateur de la dynastie des Médicis et de leur devise festina lente.

[debu lé krab la mèr môt] (loc. imp. ADO.)
L‘usage géographiquement et temporairement restreint de l’expression étudiée ci-dessous explique en grande partie sa chute en désuétude.

Il est en effet nécessaire, pour l’utiliser, de se trouver en bord de mer en période estivale et d’avoir sous la main quelques adolescents fatigués étirant leur grasse matinée jusqu’aux environ de treize ou quatorze heures du matin.