Catégorie : Langues

Bouffer son bricheton [bufé sô briStô]

Bouffer son bricheton

Fig. A. Jeune enfant ayant bouffé son bricheton. Circa 1904.

[bufé sô briStô] (loc. profi. JOUI.)
Profiter du meilleur avant de se rabattre sur le tout-venant s’exprimait initialement dans l’une de ces maximes désuètes dont aiment à se repaître almanachs et présentateurs télévisés des vicissitudes météorologiques : « manger son pain blanc ».

Être bien luné [ètre bjê lyné]

Être bien luné

Fig. A. Vénus bien lunée.

[ètre bjê lyné] (loc. hum. FESS.)

C‘est un combat à fleurets mouchetés qui a longtemps opposé défenseurs d’une langue sans effleurement libidineux et tenants de la galipette gaillarde autour d’une question : qu’est-ce que la Lune dans le langage ?

Filer le traczir [filé le trakzir]

Filer le traczir

Fig. A. Garde chiourme.

[filé le trakzir] (loc. arg. TROUIL.)

Peut-être pour conjurer la peur, plus certainement pour échapper à une immédiate compréhension qui ferait passer pour un pleutre, la langue surannée a-t-elle créé ce suffixe en -zir qu’elle additionne au trac (entendu comme un diminutif de trouille) et aboutit à filer le traczir.

Comme dirait l’Autre [kòm dirè lotr]

Fig. A. L’Autre revenant de l’île d’Elbe.

[kòm dirè lotr] (loc. laud. NAPOL.)

La majuscule change tout. Signe capital d’une majesté peu commune, elle traduit le profond respect donné à la parole de l’auteur lorsqu’elle débute son surnom dans l’expression comme dirait l’Autre.

Grammaticastre [ɡramatikastr]

Fig. A. Enfants faisant les clowns en classe.

[ɡramatikastr] (néol. gramm. SCOL.)

«Fait le clown en classe », « A touché le fond mais creuse encore », « Était au bord du gouffre et a fait un grand pas en avant », « En chute libre, attention à l’atterrissage », « Aussi suffisant qu’insuffisant » et autres cinglantes appréciations professorales ne sont rien à côté du beaucoup plus créatif grammaticastre si celui ci vient à biffer un bulletin de notes.

En parler à son cheval [â parlé a sô Seval]

Fig. A. Cheval parlant à l’oreille de l’homme.

[â parlé a sô Seval] (loc. iron. HUN.)

Même dans son expression d’une forme affirmée de mépris pour le propos lénifiant d’un interlocuteur, la langue surannée fait montre d’une certaine délicatesse qu’elle teinte d’ironie pour bien se faire comprendre.