Avoir une voix de mêlécasse [avwar yn vwa de mélékas]

Fig. A. Si ce soir j’ai envie d’me casser la voix.

[avwar yn vwa de mélékas] (loc. cass. PATRIIIIC.)

En 1989 le poète se rebiffait, crâneur, dans l’une de ses chansons déchirantes qui précisément déchirait (ce sans quoi elle n’aurait pas réellement été déchirante, mais ceci est une autre histoire) les oreilles : si ce soir j’ai pas envie d’rentrer tout seul, si ce soir j’ai pas envie d’rentrer chez moi, si ce soir j’ai pas envie d’fermer ma gueule, si ce soir j’ai envie d’me casser la voix¹, peut-être sans savoir qu’en des temps un peu plus surannés il eût dû trouver une rime un tantinet plus riche pour terminer sur si ce soir j’ai envie d’avoir une voix de mêlécasse.

Aller à la messe du coussin blanc [alé a la mès dy kusê blâ]

Fig. A. Enfant s’enfuyant pour éviter d’aller à la messe du coussin blanc.

[alé a la mès dy kusê blâ] (loc. anticléric. DORM.)

Avant d’être un boulevard longeant le cimetière du Montparnasse (Paris XIVᵉ), Edgard Quinet était un homme politique républicain et foncièrement anticlérical; du genre à bouffer du curé matin midi et soir jusqu’à l’indigestion.

Être échappé d’un vase de Chine [ètr éSapé dû vaz de Sin]

Fig. A. Scène de ménage sur vase de Chine.

[ètr éSapé dû vaz de Sin] (loc. chin. CON.)

Bien que pétrie depuis des centaines d’années, c’est sous la dynastie Han que la porcelaine chinoise sophistique ses techniques et décors que Tang, Song et autres Ming vont parfaire jusqu’à l’âge d’or du blanc de Chine.

Recevoir un coup de pied d’Aphrodite [resevwar û ku de pjé dafròdit]

Fig. A. Marthe Chenal, la plus belle femme de Paris, dans « Aphrodite ». 1908.

[resevwar û ku de pjé dafròdit] (loc. vénér. MAL.)

Hésiode et Homère avaient un désaccord profond sur la naissance d’Aphrodite (Ἀφροδίτη), mais tous deux la faisaient tout de même déesse de l’amour et du tagada tsoin tsoin, les poètes n’utilisant cependant pas ce terme qui ne viendra que bien des siècles plus tard avec Carlos¹ (mais ceci est une autre histoire).

Se péter les bretelles [se pété lé bretèl]

se péter les bretelles

Fig. A. Homme satisfait de lui-même.

[se pété lé bretèl] (expr. auto-satis. QUÉB.)

Si c’est originaire de la Belle Province c’est nécessairement suranné puisqu’en cette terre résonne la langue française du XVIIᵉ (avec quelques inflexions et évolutions évidemment, mais ceci est une autre histoire).