Plume Sergent-Major [plym sɛʁʒɑ̃tmaʒɔːʁ ]

Plume Sergent-Major

Fig. A. Main droite tenant une plume. Musée de la graphologie.

[plym sɛʁʒɑ̃tmaʒɔːʁ ] (MARQ. DEP.)

Si tu écris à la main tu es suranné.

Si tu écris à la main avec une plume tu es très suranné.

Si tu écris à la main avec une plume Sergent-Major tu es au top du suranné.

Faire avancer le schmilblick [fɛʁ avɑ̃se lə sʃmilblik]

Schmilblick

Fig. A. L’un des frères Fauderche, inventeurs du Schmilblick.

[fɛʁ avɑ̃se lə sʃmilblik] (loc. verb. POP.)

Ah ah ah, je me marre : si tu as pensé « mais, faire avancer le schmilblick n’est pas suranné, qu’est-ce qu’il nous raconte encore ce bonimenteur », c’est que tu es suranné de chez suranné.

Eh oui mon pauvre, le mot a été popularisé avec ce jeu radiophonique (comme on disait) inventé par Guy Lux et Jacques Antoine et diffusé sur RTL à partir de 1965. Alors, je continue ou tu admets que faire avancer le schmilblick est bel et bien suranné ? Ok, je continue.

Galvaudeux [ɡalvodø]

Galvaudeux et son chien joyeux

Fig. L. Carte de tarot représentant un galvaudeux et son chien joyeux.

[ɡalvodø] (n. m. POP.)

Celui-la que je l’aime. Son énoncé me semble contenir toutes ses qualités.

Évidemment, puisqu’il est suranné on ne l’entend que rarement émailler une conversation mais croiser une ou deux fois par an un galvaudeux dans une conversation suffit à mon bonheur. J’avouerais même une certaine tendresse pour ce mélange de vagabond et d’oisif qui me fait immanquablement penser aux hobos de Kerouac ou de Jack London.

Tailler une bavette [taje yn bavɛt]

Tailler une bavette

Fig. A. Où bien tailler la bavette.

[taje yn bavɛt] (expr. FAM.)

Tailler une bavette n’est pas une spécialité bouchère-charcutière. Bavasser, babiller, palabrer, caqueter, bavarder, sont tous synonymes de tailler une bavette.

C’est qu’il en faut du souffle, de la salive, de l’imagination et du temps, pour tailler une bavette. Un certain goût aussi pour la météorologie. Avez-vous remarqué que tailler une bavette obéit à des codes complexes ?

Embouligou [ɑ̃buliɡu]

Fig. A. La Provence, pays de l’embouligou.

[ɑ̃buliɡu] (n. m. PROV.)

Guili-guilis embouligou ! Comment ? On me dit dans l’oreillette que certains n’ont jamais entendu cela, que je fabule, que j’imagine, que j’estropie, que je délire, pire encore que j’invente et je mens ! Halte-là camarade, si tes pas d’enfance ne t’ont jamais portés quelque part en Provence¹, si tu n’as jamais sommeillé sous la tonnelle et ri aux éclats pour des guili-guilis sur l’embouligou, hâte-toi de traîner tes parents en justice et oublie ton injuste vindicte à mon endroit. Tu devrais gagner gros.

À musse-pot [a myspo]

Fig. C. Bzzzzz bzzzzz bzz…

[a myspo] (loc. adv. FAM.)

D‘utilisation rarissime, à musse-pot nous vient probablement du fin fond des temps surannés, si tant est qu’on puisse encore les localiser. Et qui plus est d’une de ces provinces françaises qui gardent bien au secret leurs recettes de cuisine et quelque mythes païens inavouables (pierre de lave, animal sauvage mangeur d’hommes, Ankou, poil de licorne, forêt druidesque, etc.). Pour sûr il y a du patois sous cet à musse-pot ou je ne m’y connais pas.

Immanquablement comme j’entends à musse-pot dans une conversation (fait exceptionnel, donc), j’imagine des ombres indues se glisser sur les murs, des froissements d’étoffes dissimulatrices, des bougies pour n’éclairer que les mains, des regards qui fuient, des paroles chuchotées.

À musse-pot est l’escapade nocturne de l’amoureux adolescent, à musse-pot est tiré le tord-boyau du bouilleur de cru, à musse-pot est rejoint le coin à champignons ou le bras de rivière si poissonneux. Il y a du bon sens paysan dans cet à musse-pot là, c’est moi qui vous le dit. À musse-pot n’est pas méchant, tout juste entend-il préserver une petite part de secret au cœur de cette époque qui se repaît de potins, se gargarise de ragots et porte au firmament les plus grands indécents. À musse-pot est érotique : il susurre et s’accorde à demi-mot.

C’est un secret.