Catégorie : Faits divers

Battre l’antife [batre lâtif]

Fig. A. “Une p’tite piécette m’sieurs dames ?”.

[batre lâtif] (loc. argot. TAPIN.)
Bien que provenant du langage des méchants garçons toujours partants pour un coup de Jarnac, battre l’antife n’est pas une expression violente.

En paumer la Sorbonne [â pomé la sòrbòn]

Fig. A. Remplissage d’un formulaire administratif.

[â pomé la sòrbòn] (exp. pop. COMPRÉH.)
Depuis le XIIIᵉ siècle et la création d’un collège par Robert de Sorbon, la Sorbonne incarne la connaissance et la réflexion, quitte à ce que celle-ci se fasse aussi par la contestation et le jet de pavés ou divers objets contondants sur la maréchaussée (mais ceci est une autre histoire).

Faire des almanachs [fèr déz- almana]

Fig. A. À la Saint-Glinglin chantent les lendemains.

[fèr déz- almana] (loc. att. IDÉ.)
Qu’il soit de Liège, de Paris, du Gotha, du Pèlerin ou Vermot, l’almanach est depuis Les Travaux et les Jours (Hésiode) qui date du VIIIᵉ siècle avant JC, la lecture populaire par excellence.

Rejeter le moucheron et avaler le chameau [reZeté le muSrô é avalé le Samo]

Rejeter le moucheron et avaler le chameau

Fig. A. Faux-derche à dos de dromadaire.

[reZeté le muSrô é avalé le Samo] (loc. évang. F.-CU.)
Exotique et évangélique d’origine, latine aussi selon Mathieu (ch.23, v.24 de ses écrits), excolantes culicem et camelum glutientes utilise comme de nombreuses autres expressions surannées l’image animale pour faire passer son message.

En l’occurence celui de s’éviter de petites fautes pour mieux s’en permettre de plus grandes.

Ne pas être le couteau le plus affûté du tiroir [ne pa ètre le kuto le ply afyté dy tirwar]

Fig. A. Ancien cancre affûtant son couteau.

[ne pa ètre le kuto le ply afyté dy tirwar] (loc. cuis. NAÏV.)
« Elle ne cessera donc jamais, cette langue d’antan, de fouiner en cuisine pour y trouver les ingrédients nécessaires à concocter ses turpitudes moqueuses ? » se questionneront les toqués des fourneaux un peu lassés par ces incursions dans leur pré carré¹.

Promener comme le bœuf gras [pròmné kòm le bëf ɡra]

Fig. A. Monsieur et Madame promenant leur fille comme le bœuf gras à l’opéra.

[pròmné kòm le bëf ɡra] (loc. marit. CARNAV.)
Un usage désormais désuet en notre contrée de France voulait – dans ces temps de crinoline – que les parents choisissent celui¹ à qui ils donneraient leur fille en épousailles, la belle n’ayant pas voix au chapitre avant de prononcer le oui qui scellerait son destin.

Ne pas se moucher du pied [ne pa se muSé dy pjé]

ne pas se moucher du pied

Fig. A. Homme se mouchant du pied. Estampe.

[ne pa se muSé dy pjé] (loc. acrob. PÉT.)
Si l’évidence bâtit parfois des expressions qui égareront le chercheur dans sa quête de sens détourné, il lui arrive aussi de faire d’un truisme aussi peu ragoûtant qu’un cochon se vautrant dans la fange une splendide construction jouant du contrepied.

Arriver en quatre bateaux [arivé â katre bato]

Arriver en quatre bateaux

Fig. A. Voiles sur le Nil, ah aaah.

[arivé â katre bato] (exp. ostent. APPAR.)
Bateau et grand apparat se rencontrent vraisemblablement pour la première fois il y a cinq mille ans avec la barque solaire de Khéops et ses quarante-trois mètres cinquante de long, proue à cinq mètres et poupe à sept.