Cardigan [kardiɡâ]

[kardiɡâ] (n. masc. BONET.)

Non que les temps surannés furent plus froids que l’époque actuelle (bien « qu’avec leurs expériences nucléaires ils nous aient détraqué la météo » comme dirait Madame Musquin), mais ma mémoire me rappelle que les précautions vestimentaires de maintien d’une température interne constante prises par ma mère étaient pour le moins draconiennes.

Ne pas être piqué des hannetons [ne pa ètre piké dé antô]

[ne pa ètre piké dé antô] (exp. INSECT.)

La langue surannée n’aime rien tant que chercher la petite bête. Celle qui monte qui monte qui monte et qui fait guili-guili, celle qui grattouille, celle qui chatouille. Dans cet exercice qui consiste à magnifier l’insidieusement petit, le négligeable, le détail (n’oubliez jamais que le Diable s’y cache), elle excelle comme nulle autre novlangue ultra-moderne à base de barbarismes pseudo-scientifiques ne saura jamais le proposer.

Plier les gaules [plijé lé ɡol]

[plijé lé ɡol] (loc. PÊCH.)

Parfois il faut partir. C’est comme ça, tu le sens, c’est le moment. C’est un besoin irrépressible, partir, partir quand même quoi qu’il en coûte, partir loin ou partir pour toujours mais s’en aller. Et d’autres fois il est simplement l’heure de partir parce que le bistrot va fermer ou qu’il fait un peu froid, parce que le soleil descend et que tu ne veux pas rouler de nuit, parce que le chien s’agite et voudrait bien marcher.

Défense d’afficher sous peine d’amende [défâs dafiSé su pèn damâːd]

[défâs dafiSé su pèn damâːd] (DURA LEX.)

Les interdictions ayant une très nette tendance à prendre de plus en plus de place dans la modernité, il est intéressant de souligner lorsque l’expression de l’une d’entre elles s’en va reposer en surannéité. Je vous vois yeux écarquillés vous demandant de quoi il peut s’agir et je comprends votre surprise mais oui, il est des énoncés de lois et règlements devenus désuets.

Croquer le marmot [kròké le marmo]

[kròké le marmo] (verb. intr. 1er grou.)

Les enfants sont formidables, comme nous le disait le bon Jacques Martin tous les dimanches dans son école des fans des années surannées. Enfin plus précisément « Les enfants sont formidables à la télévision parce que dans la vraie vie ils ne font rien qu’à nous casser les pieds et à nous empêcher de prendre l’apéritif au calme en bouffant toutes les cacahuètes avec leurs mains crados » était la citation dans toute son entièreté mais la politique nataliste soutenue par les divers gouvernements français ne l’a jamais autorisé à nous la faire entendre¹.

Quel aria ! [kèl arja]

[kèl arja] (exclam. BORDE.)

Je préciserai en amuse-bouche que le mot que vous allez rencontrer à nouveau dans ces lignes (je dis « à nouveau » car il est peu probable que vous ne l’ayez croisé depuis un bail) est du genre masculin. Mes oreilles d’enfance qui l’ont parfois entendu le croyait féminin, je ne sais pas vraiment pourquoi et je n’entrerai même pas dans un débat sur la chose car je préfère éviter les foudres féministes toujours promptes à me brûler en place publique pour ce qu’elles considèrent comme incartade. Ceci était donc juste une légère introduction ménageant un suspense haletant.