Donner deux jambons pour une andouille [dòné dö Zâbô pur yn âduj]

Fig. A. Jambon, andouille et saucisses.

[dòné dö Zâbô pur yn âduj] (loc. verb. BOUCHER.)
Selon certains experts reprenant l’expression de Kipling, il s’agirait « du plus vieux métier du monde »¹. Nous laisserons aux savants leur interprétation sur les origines de la tarification de l’usage du corps, et nous bornerons à examiner ici ce que la langue surannée a su composer pour exprimer la prostitution féminine.

Être du pipi de chat [ètre dy pipi de Sa]

Fig. A. Greffier gicleur.

[ètre dy pipi de Sa] (loc. nom. MIAO.)
Voici que nous posons sur le métier l’une des rares expressions surannées erronées. Oui, il est arrivé à la langue de fourcher. Peut-être avait-elle oublié de tourner sept fois dans la bouche de quiconque le jour de sa création, mais force est de reconnaître que la locution s’est pour une fois fourvoyée.

Ne pas manger de pain [ne pa mâZé de pê]

Fig. A. Marie Antoinette lasse de manger du pain.

[ne pa mâZé de pê] (loc. verb. PANEM)
Aucune autre langue que le français n’aurait pu créer l’expression étudiée en ces lignes, aucun autre pays ne consommant autant de pain que celui du fromage et du vin¹.

En cette contrée le boulanger est le roi du village, non parce qu’il se lève tôt et que l’avenir lui appartient, mais bel et bien parce qu’il nourrit le petit peuple des affamés qui n’hésitera pas à se révolter s’il ne peut casser la croûte.

Eau de Seltz [o de sèlts]

Fig. A. Siphon à gag.

[o de sèlts] (n. com. INITIALS BB)
Mangeant plus qu’il ne faut des mets qui feraient défaillir tout moderne obnubilé par ses cinq fruits et légumes quotidiens, le convive des tables bien garnies des années surannées a tendance à la goutte. Fort heureusement, un breuvage naturel aux vertus thérapeutiques et digestives accompagne ses agapes depuis 1525.