Ficher son billet [fiSé sô bijè]

Homme rédigeant un billet avant de le confier à un autre homme.

Fig. A. Homme fichant son billet à un autre. Eau forte.

[fiSé sô bijè] (loc. verb. AMOU. ARG.)

Dans le monde interlope on donne sa parole. Et il est préférable de la respecter… Dans le monde plus classique on paraphe des contrats. Qu’on honorera bien entendu.

À l’usage du dauphin [a lyzaZ dy dofê]

Fig. Le Dauphin comme un poisson dans l’eau sur le champ de bataille.

[a lyzaZ dy dofê] (loc. roy. XIV)

Quand il parvient du louchébem le langage suranné sait se taper sur le ventre virilement, mais si c’est à la cour qu’on l’entend, ronds de jambes, génuflexions et serviles révérences l’accompagneront.

Mettre le paquet [mètre le pakè]

Fig. A. Paquet en attente de livraison dans un bureau de Poste.

La différence entre le bon et le mauvais goût, entre l’acceptable et le récusable, entre le public et l’intime, tient dans la main. Autant dire qu’elle ne pèse pas bien lourd et que sa subtilité pourra paraître déroutante à qui ne maîtrise pas le langage suranné.

Voici bien heureusement de quoi aider le béotien.

C’est le Progrès [sè le pròɡrè]

C'est le Progrès

Fig. A. Muse ailée décernant les lauriers du Progrès.

C‘est un paradoxe absolu. L’une de ces pirouettes¹ dont raffole la langue surannée qui fait-rien-que-de-se-gausser-de-la-modernité-et-même-que-si-ça-continue-faudra-que-ça-cesse.

Prendre une avoinée (se) [prâdr yn avwané]

Prendre une avoinée (se)

Fig. A. « La prise de l’avoinée », artiste anonyme, mai 1968.

[prâdr yn avwané] (loc. verb. ADADA.)

La propension de la langue à transcrire en expressions culinaires peut entraîner la nausée. Mais le français suranné ne saurait échapper à la culture dans laquelle il mijote, aussi l’accompagnerons-nous en cuisine pour la définition que voici.

NB : attention, cette notice contient des violences faites aux animaux et aux étudiants.

Avoir une haleine de saint Colomban [avwar yn alèn de sê kòlôbâ]

Avoir une haleine de saint Colomban

Fig. A. Ultra-Brite® ou comment ne pas avoir une haleine de saint Colomban.

[avwar yn alèn de sê kòlôbâ] (loc. verb. St. COL.)

Le plus joli minois qui soit, affublé de tous les atouts d’harmonie que les fées auront pu lui donner (yeux bleus, bouche sensuelle, nez mutin, cheveux blonds, etc.), pourrait bien échouer à séduire sous peine de charrier une haleine de saint Colomban.

Ainsi la langue surannée lorsqu’elle est bien chargée, et pourquoi pas cernée de dents cariées, désigne-t-elle ce souffle que d’aucuns attribuent un peu trop rapidement au chacal.