Dites 33 [dit trât-trwa]

dites 33

Fig. A. Dites 33.

[dit trât-trwa] (exp. num. MÉDIC.)
René Théophile Marie Hyacinthe Laennec n’était pas un pilier du Balto contrairement à ce que l’appellation médicale de « cirrhose de Laennec » pourrait laisser penser, mais un médecin de grande valeur à qui chaque malade doit l’écoute de ses maux au stéthoscope qu’il inventa, ainsi que le dites 33 qui va avec.

Il se raconte chez les carabins que le Breton eut l’idée de l’engin en regardant des mioches jouer à je-t’envoie-des-messages-en-morse-en-tapotant-sur-une-poutre-de-bois-sur-laquelle-tu-colles-ton-oreille (sorte d’ancêtre du téléphone avec deux pots de yaourts et un fil de pêche qui n’existait pas encore en 1817), méthode de transmission du son qu’il utilisa dans l’instant en auscultant une patiente avec une feuille de papier roulée en cylindre¹.

L’histoire ne dit pas si la donzelle en fut guérie mais dites 33 suivit dans la foulée, le son grave qui fait vibrer la cage thoracique de manière plus efficace qu’un simple 28 ou un ridicule 11 renseignant le praticien attentif sur l’état des poumons.

— Dites 33…

— 32,5

Selon certains, déterminer le chiffre exact de dites 33 prit plus de temps à Laennec que la rédaction de son fameux Traité de l’auscultation médiate (1819) mais nous ne disposons pas de preuves formelles en la matière. Il est d’ailleurs probable que cette rumeur soit le fruit d’une cabale ourdie par les tenants du 42 alliés pour l’occasion à ceux du 99, ces derniers se revendiquant de l’école anglo-saxone qui dit ninety nine² (99) pour faire résonner les bronches.

Dites 33 emporta néanmoins la partie et s’imposa grâce aux diverses épidémies de tuberculose, bronchite et infections en tous genres nécessitant d’écouter l’intérieur du cacochyme afin de poser un diagnostic sur son affection.

Un 33 et le remède était tout trouvé, un 16 de demi-mesure ou un 32,5 radin et c’était mal parti. On vit malheureusement plus d’un petit malin de 25 refusant obstinément de dire 33 emporté par la maladie.

Les dramatiques événements de 1933 qui secouèrent l’Europe jusqu’à la mener aux enfers firent de 33 un tabou que personne, même gravement malade, ne voulut plus prononcer quand la paix revint enfin quelques années plus tard.

33 rejoint 666 et 13 dans la série des chiffres à ne pas utiliser sous peine de réveiller les démons. Nul docteur ne s’avisa dès lors de demander un 33 à un fiévreux.

Une médecine à base de multiples examens remplaçants du suranné dites 33 commença son travail. Le médecin de campagne, chantre du dites 33, disparut peu à peu.

Désormais, s’il a un rhume, le moderne se précipite aux urgences (mais ceci est une autre histoire).

¹La longue-vue de pirate réalisée à partir d’une même feuille de papier roulée existait quant à elle depuis belle lurette.
²Authentique.

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