Catégorie : Arts

Prendre une bénédiction de parade [prâdr yn bénédiksjô de parad]

Fig. A. La grande parade du cirque.

[prâdr yn bénédiksjô de parad] (loc. corp. CIRQ.)
L‘échantillon burlesque des clowns, la démonstration de force des acrobates, l’avant-goût de la férocité des fauves de la ménagerie, l’entre-aperçu de cette attraction unique au monde venue spécialement des Amériques, sont offerts aux habitants ébahis par les saltimbanques lors de leur parade pré-spectacle.

Avaler son poussin [avalé sô pusê]

Fig. A. Poussin congédié.

[avalé sô pusê] (loc. gall. ANPE).
On se fait généralement engueuler comme du poisson pourri avant d’avaler son poussin, expression dont la construction laisse présager un triste sort pour la bestiole à plume (qui plus est sans préciser si elle était encore vivante au moment de l’ingurgitation). D’où une certaine surprise à l’usage.

Faire le Guignol [fèr le ɡiNòl]

Fig. A. Chibroc corrigeant Gnafron.

[fèr le ɡiNòl] (loc. péj. THÉÂ.)
Attention ! Derrière toi ! Le gendarme !

Qu’il soit né gone de la Croix-Rousse, poulbot de la rue Lepic, minot du Panier ou drôle de n’importe où, l’enfant des années surannées l’a hurlé. À s’en époumoner. Parce que Gnafron n’a pas mérité de finir en prison pour cause de tronche rougie au Beaujolais ou quelque autre peccadille.

Donner le fion [dòné le fjô]

Fig. A. La Joconde : une belle histoire de fion.

[dòné le fjô] (loc. art. DÉT.)
Généralement complices, l’argot et la langue surannée peuvent en de rares occasions s’opposer et tirer chacun dans leur sens, au risque de s’abîmer l’un et l’autre et de laisser un boulevard à la novlangue start-upienne.

Être un ouvrage de peintre [ètr ûn- uvraZ de pêtr]

Un ouvrage de peintre

Fig. A. Ouvrage des premiers peintres.

[ètr ûn- uvraZ de pêtr] (loc. artist. PICTU.)
Des grottes dordognaises aux murs des palais en passant par les plafonds des chapelles consacrées, le peintre a fourbi ses doigts, ses pinceaux, ses couteaux, pour rendre compte avec tout son talent des rêves et vicissitudes des années surannées.

Être parti pour la gloire [ètre parti pur la ɡlwar]

Fig. A. Et un, et deux, et trois-zéro.

[ètre parti pur la ɡlwar] (loc. patri. MARSEIL.)
Une lecture rapide du chant national adopté lors de la séance de la Convention nationale du 26 messidor an III (14 juillet 1795), dit La Marseillaise, pourrait laisser penser que « Allons ! Enfants de la patrie ! Le jour de gloire est arrivé » signifie que ça y est, depuis le temps qu’on vous le promet, c’est parti mon Kiki, c’est parti pour la gloire.

Ripoliner la façade [ripòliné la fasad]

Fig. A. Picasso et Ripolin.

[ripòliné la fasad] (loc. verb. PEINT.)

En 1888 Carl Julius Ferdinand Riep, chimiste hollandais de son état, invente une peinture à l’huile de lin qui sèche rapidement. Son idée est bien évidemment de rendre la peinture à l’huile moins difficile, et d’obtenir un résultat bien plus beau que la peinture à l’eau¹.

L’ai-je bien descendu ? [lé-Z bjê désâdy ?]

Fig. A. Cécile Sorel et quelques pigeons.

[lé-Z bjê désâdy ?] (interro. ego. CASINO.)
S‘il est plus que probable que des pistoleros de l’armée mexicaine l’avaient prononcée avant Cécile Sorel (mais dans de toutes autres circonstances), c’est pourtant à la belle que la postérité a décidé d’attribuer l’expression questionnante désuète l’ai-je bien descendu.