Catégorie : Arts

Elvis has left the building [ˈɛlvɪs ˈhæz ˈlɛft ðə /buildi/]

Fig. A. Before Elvis has left the building.

[ˈɛlvɪs ˈhæz ˈlɛft ðə /buildi/] (loc. angl. ROCK.)
Bien que la langue française soit la plus noble représentante du genre suranné (les latine et grecque s’avérant hors concours), il faut savoir reconnaître à l’anglaise états-unienne une production de qualité à défaut de quantité.

Le disque est rayé [le disk è réjé]

Fig. A. Disques en train d’être rayés.

[le disk è réjé] (exp. mémo. TOP50)
Longtemps avant que les travaux d’Alois Alzheimer ne fassent passer son nom à la postérité en le donnant à la perte de capacités des anciens¹, le radotage de grand-maman qui perdait un peu la boule en ressassant à l’envi ses aventures du bon vieux temps faisait facilement l’objet d’une remarque discographique : le disque est rayé.

Prendre une bénédiction de parade [prâdr yn bénédiksjô de parad]

Fig. A. La grande parade du cirque.

[prâdr yn bénédiksjô de parad] (loc. corp. CIRQ.)
L‘échantillon burlesque des clowns, la démonstration de force des acrobates, l’avant-goût de la férocité des fauves de la ménagerie, l’entre-aperçu de cette attraction unique au monde venue spécialement des Amériques, sont offerts aux habitants ébahis par les saltimbanques lors de leur parade pré-spectacle.

Décrocher ses cymbales [dékròSé sé sêbal]

Fig. A. Notaires à l’enterrement de l’un de leurs collègues.

[dékròSé sé sêbal] (loc. notar. DZING.)
Il faut croire que le notaire est un être différent du commun des mortels puisque précisément, il s’agit pour lui de ne pas mourir comme les autres.

Avaler son poussin [avalé sô pusê]

Fig. A. Poussin congédié.

[avalé sô pusê] (loc. gall. ANPE).
On se fait généralement engueuler comme du poisson pourri avant d’avaler son poussin, expression dont la construction laisse présager un triste sort pour la bestiole à plume (qui plus est sans préciser si elle était encore vivante au moment de l’ingurgitation). D’où une certaine surprise à l’usage.

Faire le Guignol [fèr le ɡiNòl]

Guignol n'est pas celui qui fait le mieux le Guignol puisqu'il s'agit de faire le clown.

Fig. A. Chibroc corrigeant Gnafron.

[fèr le ɡiNòl] (loc. péj. THÉÂ.)
Attention ! Derrière toi ! Le gendarme !

Qu’il soit né gone de la Croix-Rousse, poulbot de la rue Lepic, minot du Panier ou drôle de n’importe où, l’enfant des années surannées l’a hurlé. À s’en époumoner. Parce que Gnafron n’a pas mérité de finir en prison pour cause de tronche rougie au Beaujolais ou quelque autre peccadille.

Donner le fion [dòné le fjô]

Fig. A. La Joconde : une belle histoire de fion.

[dòné le fjô] (loc. art. DÉT.)
Généralement complices, l’argot et la langue surannée peuvent en de rares occasions s’opposer et tirer chacun dans leur sens, au risque de s’abîmer l’un et l’autre et de laisser un boulevard à la novlangue start-upienne.

Être un ouvrage de peintre [ètr ûn- uvraZ de pêtr]

Un ouvrage de peintre

Fig. A. Ouvrage des premiers peintres.

[ètr ûn- uvraZ de pêtr] (loc. artist. PICTU.)
Des grottes dordognaises aux murs des palais en passant par les plafonds des chapelles consacrées, le peintre a fourbi ses doigts, ses pinceaux, ses couteaux, pour rendre compte avec tout son talent des rêves et vicissitudes des années surannées.

Être parti pour la gloire [ètre parti pur la ɡlwar]

Fig. A. Et un, et deux, et trois-zéro.

[ètre parti pur la ɡlwar] (loc. patri. MARSEIL.)
Une lecture rapide du chant national adopté lors de la séance de la Convention nationale du 26 messidor an III (14 juillet 1795), dit La Marseillaise, pourrait laisser penser que « Allons ! Enfants de la patrie ! Le jour de gloire est arrivé » signifie que ça y est, depuis le temps qu’on vous le promet, c’est parti mon Kiki, c’est parti pour la gloire.