Loucher de l’épaule [luʃe də lepol]

Fig. A. « Bêêêêêêêlle »

[luʃe də lepol] (loc. verb. NDDP)

Toujours prête à ménager son monde la langue surannée. Même quand la vindicte populaire déverse tout son fiel sur tel ou tel, elle est là pour adoucir les mœurs, enrobant de ses précautions oratoires ce qui pèse sur le pauvre bougre.

Comment ça va la p’tite santé ? [kɔmɑ̃ sa va la ptit sɑ̃te ?]

Fig. A. Hippocrate en bonne santé.

[kɔmɑ̃ sa va la ptit sɑ̃te ?] (quest. intro. TF1)

Le 9 décembre 1975, l’un des pontes du langage voue à la surannéité une phrase du quotidien le plus banal qui soit en en faisant son incipit interviewesque. C’est là l’un des rares cas de désuétude spontanée.

Étudions-le.

Reporter son fusil à la mairie [ʁəpɔʁte sɔ̃ fyzi a la mɛʁi]

Fig. A. Gardes Nationaux de moins de cinquante ans.

[ʁəpɔʁte sɔ̃ fyzi a la mɛʁi] (loc. verb. COMM.)

Il est des constructions parfois étranges dans le langage suranné.

Oui, l’expression qui se présente en ces lignes pourrait au pire nous sembler belliqueuse, au mieux nous faire comprendre que l’avancement dans l’âge est un naufrage.

Y avoir de la friture sur la ligne [i avwaʁ də la fʁityʁ syʁ la liɲ]

Fig. A. « Je vous ffrrsssshhhhhh frsshh frsshh immédiatement ! ». Musée des P&T.

[i avwaʁ də la fʁityʁ syʁ la liɲ] (loc. audio. P&T)

Frsshh, fffrrsssssshhhhhhh, recouvrant de son son une déclaration d’amour ou de mépris, une phrase impérieuse qui ne sera pas comprise, un simple conseil qui ne sera pas suivi… Frsshh en a abîmé des destins dans les temps surannés.

Avoir une livraison de bois devant sa porte [avwaʁ yn livʁɛzɔ̃ də bwa dəvɑ̃ sa pɔʁt]

Fig. A. Une livraison de bois devant la porte.

[avwaʁ yn livʁɛzɔ̃ də bwa dəvɑ̃ sa pɔʁt] (loc. verb. STER.)
SYN. y avoir du monde au balconavoir des oranges sur la cheminée.

Une fois abandonnée la chaleur animale des premières années surannées (de -2 400 000 à 1327 environ), c’est vers la cheminée que se sont tournés les hommes lors des hivers rigoureux et des soirées sans télé.