Avoir de la paille dans les sabots [avwar de la paj dâ lé sabo]

Fig. A. Rencontre entre un Parisien et un Loir-et-Chérien.

[avwar de la paj dâ lé sabo] (loc. pays. PROVIN.)

Si le charme enjôleur des ingénues provinciales prêtes à croire le moindre coureur de prétentaine qui leur propose la botte n’est plus à dire, l’attitude plus brut de pomme de ceux qui par exemple habitent dans le Loir-et-Cher (ces gens là ne font pas de manière) nécessite une expression travaillée en finesse pour donner sa pleine mesure.

Se fendre le trou du cul en quatre [se fâdre le tru du kyl â katr]

Se fendre le trou du cul en quatre

Fig. A. Fistule anale de Louis XIV. Fig. B. Charles-François Félix. Fig. C, D, E. Assistants.

[se fâdre le tru du kyl â katr] (loc. médic. VIT.)

La vitesse surannée n’a rien à voir avec la vitesse moderne.

Non seulement parce qu’elle est moins rapide (100 km/h constituant par exemple une barrière mythique) mais aussi et surtout parce qu’elle bénéficie d’une expression particulière pour s’exprimer, l’une de ces locutions que l’unique langue d’avant la novlangue destructrice peut produire.

Manger du lapin [mâZé dy lapê]

Fig. A. Lapin chasseur au menu.

[mâZé dy lapê] (métaph. CIMET.)

Le lapin est certainement l’animal le plus populaire des expressions surannées tant il est mis à contribution par la langue d’icelles.

La Sainte-Touche [la sêttuS]

Fig. A. Culte de la Saint-Glinglin, fête des augmentations.

[la sêttuS] (n. comp. SMIC)

En un peu plus de deux mille ans d’exercice de leur sacerdoce, l’église romaine et ses filiales, certaines de ses concurrentes et divers petits cultes exotiques ont eu très largement le temps de produire un nombre honorable de correspondants célestes, commis comme tels du fait de leur remarquable action terrestre¹.

Poser un ours [pozé ûn- urs]

Fig. A. Misha, ours soviétique. 1980.

[pozé ûn- urs] (loc. verb. BAVA.)

Sauf à vouloir tout connaître de la vie du cousin-de-la-belle-sœur-du-facteur-marié-avec-la-sœur-du-garagiste-qui-a-réparé-la-voiture-du-plombier-oh-c’était-trois-fois-rien-juste-une-durite-à-changer-etc., il est toujours ennuyeux de se retrouver coincé dans une conversation jacassière.

Il faudrait une bonne guerre [il fodrè yn bòn ɡèr]

Fig. A. Un repas en famille et ses discussions sur les conséquences du choc pétrolier et le chômage galopant. Circa 1974.

[il fodrè yn bòn ɡèr] (impréc. ÉCO.)

Elles fleurent bon le suranné ces années soixante-dix, quand notre grand-mère concluait le repas de famille qui s’éternisait dans de pénibles considérations macro-socio-économiques sur les conséquences du choc pétrolier et le chômage galopant d’un définitif : il faudrait une bonne guerre !