Mettre le petit Jésus dans la crèche [mètre le peti Zézy dâ la krèS]

Fig. O. Petit Jésus dans sa crèche. -5 av. lui-même.

Fig. O. Petit Jésus dans la crèche. -5 av. lui-même.

[mètre le peti Zézy dâ la krèS] (loc. verb. INRI)

A priori l’expression étudiée en ces lignes pourrait avoir un petit peu plus de deux mille ans, ce qui lui donnerait un sacré caractère suranné. Il est cependant fort probable qu’elle naquit bien des siècles après l’enfant Jésus qu’elle utilise en sujet, selon toute vraisemblance en des temps où l’irrévérence se la jouait Peppone face à Don Camillo. Étudions.

🎼🎶Señorita dépêche-toi
Je suis un peu plus vieux que toi

Je ne vais plus au cinéma

On a fermé l’Alhambra

Le coup de pied de l’âne [le ku de pjé de lan]

Le coup de pied de l'âne

Fig. 1. Métamorphoses, ou L’Âne d’or. Apulée, IIᵉ s.

[le ku de pjé de lan] (loc. n. HI-HAN.)

Décidément notre fabuliste national Jean de la Fontaine est un pourvoyeur efficace d’expressions désuètes : c’est à nouveau à lui que la langue doit celle que voilà.

À lui et aussi à Caius Iulius Phaedrus dit Phèdre, autre fabuliste qui vécut à cheval sur les années avant et après JC ce qui n’est guère commode pour lui donner un âge¹.

Ne pas avoir cassé la patte à Coco [ne pa avwar kasé la pat a koko]

mots-surannes-avoir-casse-la-patte-a-coco

Fig. A. Ney chargeant l’Anglois à Waterloo.

[ne pa avwar kasé la pat a koko] (exp. compl. FUT.)

La soldatesque a son langage suranné forgé au champ d’honneur et au fil des exploits guerriers et héroïques qui n’appartiennent qu’à elle.

Souvent poétesse, son pygmalion galonné la laissant divaguer, elle s’est au fil des ans et des conquêtes créé un bréviaire autonome. Trottinons au pas de la cavalerie avant qu’elle ne devienne mécanique.

Hue cocotte !

Casser une roue de derrière [kasé yn ru de dèrjèr]

Casser une roue de derrière

Fig. A. Roue de derrière permettant l’acquisition d’un Pif Gadget en 1978.

[kasé yn ru de dèrjèr] (verb. prem. gr. ARGEN.)

Ahahahahah me gaussè-je ! Tous les libidineux qui se délectaient à l’avance en ayant lu le titre de cette bien chaste chronique vont s’y casser les dents. Qu’ils ne fassent pas les innocents, je lis dans leurs pensées comme dans un livre ouvert avec une page centrale et son poster qui tient en trois volets. Eh bien les coquins en seront pour leurs frais car pour une fois nous parlerons d’argent.

Chanter comme un rossignol d’Arcadie [Sâté kòm ê ròsiNòl darkadi]

Fig. A. Rossignol du jardin sifflant mélodieusement.

Fig. A. Rossignol du jardin sifflant mélodieusement.

[Sâté kòm ê ròsiNòl darkadi] (exp. music. AH JE RIS.)

De la famille des muscicapidae, le rossignol est un oiseau migrateur caractérisé par un plumage brun roux et gris brunâtre, par un fin bec brun, et surtout par un chant des plus plaisants, sachant jouer des harmonies et moduler sur tous les tons.

Qu’il soit rossignol à flancs roux, philomèle, progné, des murailles (aussi connu sous le nom de Rouge-queue noir), rossignol châtaignier ou des rivières, voire Milanais¹, le rossignol est le ténor de nos jardins.