Manger la grenouille [mâZé la ɡrenuj]

Fig. A. Alice rencontrant son prince charmant encore caché sous les traits d'une grenouille.

Fig. A. Alice rencontrant son prince charmant encore caché sous les traits d’une grenouille.

[mâZé la ɡrenuj] (loc. verb. CÔA.)

Parmi les menus défauts dont de perfides langues aux accents aigus et chuintants chargent les dignes représentants de la nôtre, il est celui d’aimer la cuisse. De grenouille évidemment, la maison ne s’aventurant jamais en dessous de la ceinture, vous le savez.

Que ces maroufles d’Albion ou d’ailleurs incapables d’apprécier le goût unique des pattes de batraciens ne se compromettent pas dans les lignes qui suivent, ils risqueraient la crise d’apoplexie. Et il serait tout de même dommage (pour eux) de s’étouffer fatal, en avalant une langue qui n’est pas la leur natale.

Arriver comme Grouchy [arivé kòm ɡruSi]

Arriver comme Grouchy

Fig. A. Napoléon Bonaparte se demandant ce que peut bien faire Grouchy.

[arivé kòm ɡruSi] (loc. verb. NAPO.)

On peut être maréchal d’Empire, comte de l’Empire, Grand aigle de la Légion d’honneur, pair de France, avoir son nom inscrit sur l’Arc de triomphe et entrer dans l’histoire par une porte dérobée.

Malin de la rue de la Plume (Être un) [malê de la ry de la plym]

malin de la rue de la plume

Fig. L. Lyon. Palais de la Bourse construit par Claude-Marius Vaïsse à deux pas de la rue de l’Impératrice.

[malê de la ry de la plym] (loc. adv. LUGDUN.)

La capitale des Gaules a plongé ses gones dans un tel bain de suranné qu’il est parfois compliqué au poulbot de Pantruche de saisir la profondeur d’une remarque, fût-elle flatteuse comme soulignant son degré d’habileté.

Aussi, conscient de sa lourde tâche pédagogique, le Dictionnaire raisonné des mots surannés et expressions désuètes vous propose-t-il ci-dessous de vous instruire d’un comparatif qui puise son origine dans l’urbanisme lyonnais le plus pur.

Le parapluie bulgare [le paraplÿi bylɡaːr]

Le parapluie bulgare

Fig. A. Barbouzes et leur parapluie bulgare.

[le paraplÿi bylɡaːr] (n. com. KGB)

En tous points y compris les plus sombres, l’époque surannée avait un style qui n’appartient qu’à elle et à ses souvenants. En matière meurtrière il n’était pas question qu’elle dérogeât à la règle et se compromît avec de pendables méthodes à base d’utilisation de serviles cerbères tout prêts au coup de poing.

Avoir les côtes en long [avwar lé kot â lô]

Fig. A. Cage thoracique de fainéant. Musée de la glande.

Fig. A. Cage thoracique de fainéant. Musée de la glande.

[avwar lé kot â lô] (loc. adv. ANAT.)

Depuis la dissection en 1543, du corps de Karrer Jakob von Gebweiler (un terrible meurtrier) par André Vésale, premier véritable anatomiste, l’on sait la répartition régulière des côtes et leur orientation oblique vers la bas de la cage thoracique.

Avoir la dalle en pente [avwar la dal â pât]

Fig. A. Pente gauche-droite de 13°.

Fig. A. Pente gauche-droite de 13°.

[avwar la dal â pât] (loc. adv. GLOU.)

Le soiffard sait toujours exprimer sa demande. Dans toutes les langues, à tout moment, en toute situation. Il a cette aptitude à l’expression de son besoin et à l’assouvissement de son dessein. Alors pensez bien qu’au suranné il a concocté ce qu’il faut pour faire part de sa soif !