Courir le guilledou [kurir le ɡijdu]

Courir le guilledou

Fig. A. Félix Faure, président de la république française et grand coureur de guilledou, mort dans l’effort. 1899.

[kurir le ɡijdu] (loc. verb. GUEUS.)

L‘excitation épidermique volontaire s’accompagne généralement en langue française d’une incantation à l’hilarité dénommée guili-guili dont la possibilité d’une connotation libidineuse n’est jamais à exclure. Allons, allons, ne jouez pas les innocents.

C’est (ce n’est pas) le Pérou [sè le péru]

Fig. A. Panneau d’orientation Inca indiquant le direction d’El Dorado. Collec. privée.

[sè le péru] (loc. verb. QUECHU.)

El Dorado. Mythique contrée d’Amérique du sud regorgeant d’or, bâtie sur les divagations fiévreuses d’un Francisco de Orellana parti à la conquête de l’empire Inca avec la famille Pizzaro et quelques autres humanistes, et qui n’aboutira pas à grand chose d’autre qu’au massacre des populations indigènes et à la création d’une expression continuant à colporter la légende dorée.

Ne pas trouver d’eau à la rivière [ne pa truvé do a la rivjèr]

Fig. 1. Nabuchodonosor II allant chercher de l’eau dans l’Euphrate. Notez son seau-couvre-chef. Musée de Babylone.

[ne pa truvé do a la rivjèr] (loc. verb. AQUA.)

H2O qu’il soit solide, gazeux ou liquide et dont on compte 1 360 000 000 kmsur notre bonne planète est l’élément vital par excellence. Même ceux qui sont plutôt portés sur le Perniflard le reconnaissent : sans eau, point de vie. Alors que ce soit pour se désaltérer ou y faire des ronds histoire de passer le temps, il vaut mieux en avoir à portée de main ou, le cas échéant, savoir où la trouver : la vie est une histoire d’eau.

Poudre de perlimpinpin [pudre de pèrlêpêpê]

Fig. A. Charlatan et une dose de poudre de perlimpinpin.

[pudre de pèrlêpêpê] (gr. n. PHARMA.)

Devant m, b, p, le n devient m. Sauf : bonbon, bonbonne, bonbonnière, embonpoint, néanmoins. D’accord c’est loin, ça date du CE2, époque désormais surannée, mais admettez que ça résonne encore comme un comptine. Devant m, b, p, le n devient m. Devant m, b, p, le n devient m.

Mais voilà : on ne vous a pas tout appris.

🎼🎶Tous les morbleus, tous les ventrebleus,
Les sacrebleus et les cornegidouilles,
Ainsi, parbleu, que les jarnibleus
Et les palsambleus,
Tous les cristis, les ventres saint-gris,
Les par ma barbe et les noms d’une pipe,
Ainsi, pardi, que les sapristis
Et les sacristis,
Sans oublier les jarnicotons,
Les scrogneugneus et les bigre’ et les bougre’,
Les saperlott’s, les cré nom de nom,
Les peste, et pouah, diantre, fichtre et foutre,
Tous les Bon Dieu,
Tous les vertudieux,
Tonnerr’ de Brest et saperlipopette,
Ainsi, pardieu, que les jarnidieux
Et les pasquedieux.
Quelle pitié !
Les charretiers
Ont un langage châtié !
Les harengères
Et les mégères
Ne parlent plus à la légère !
Le vieux catéchisme poissard
N’a guèr’ plus cours chez les hussards…
Ils ont vécu, de profundis,
Les joyeux jurons de jadis.🎶🎶

Georges Brassens, La ronde des jurons

Patate chaude [patat Sod]

Fig. A. Christophe Colomb, découvreur de la patate chaude. Musée des Amériques.

[patat Sod] (loc. nom. AMERIC.)

Procrastination et refus de gérer des sujets jugés brûlants n’épargnaient pas les temps surannés, voyez-vous.

La flemme et l’aboulie pouvaient toucher tout un chacun et donner lieu ainsi au petit jeu connu sous le nom tuberculeux de patate chaude; comment en aurait-il pu être autrement dans ce pays où tout se termine en banquet ?