Asphyxier le Pierrot [asfiksjé le pjéro]

Fig. A. Deux petits blancs limés .

[asfiksjé le pjéro] (gr. verb. AU CLAIR DE.)

Qu’on se le dise, la langue surannée ne se parle pas qu’au Balto. Si elle comporte moult formules pour décrire ce qui se trame dans les établissements détenteurs d’une licence IV¹, c’est tout simplement que le bistrot est un lieu où la parole se libère plus facilement qu’ailleurs, convivialité oblige.

Jokari [Zòkari]

Fig. J. Angelots pratiquant le Jokari.

[Zòkari] (n. basq. HAN.)

Louis Joseph Miremont mérite une statue de marbre dans le temple du suranné. Nous lui devons tant.

C’est plus précisément à l’ennui de Louis que nous devons l’un des loisirs les plus prisés lors de ces longs mois d’été que les années d’alors – c’est-à-dire d’avant aujourd’hui –  nous proposent de passer à la campagne, en Provence, sur la dune du Pyla ou sur l’île d’Oléron.

Échappé d’Hérode [éSapé déròd]

Échappé d'Hérode

Fig. A. Échappé d’Hérode et son ami imaginaire. Allég.

[éSapé déròd] (n. com. INRI)

La langue surannée est parfois tirée par les cheveux.

NB : oui, tirer la langue par les cheveux est une image qui demande un peu de gymnastique mentale mais le lecteur d’un dictionnaire raisonné des mots surannés et expressions désuètes ne manque pas de souplesse d’esprit.

Téter la gargarousse [tété la ɡarɡarus]

Fig. A. Tétez la gargarousse à un crapaud, il deviendra prince charmant.

[tété la ɡarɡarus] (lang. prop. BAIS.)

Ce ne sont pas les gloires anciennes de sa propension à conquérir des contrées pour y planter son drapeau qui confèrent à la France sa réputation planétaire. C’est sa langue.

Y faire autant qu’appeler un chien Jacques [i fèr otâ kaplé ê Sjê Zak]

Fig. A. Jacques-Charles, basset à sa mémère.

[i fèr otâ kaplé ê Sjê Zak] (loc. verb. TOUTOU.)

L‘inanité d’un acte se jauge. Le rien, le vain, l’inconséquent ont pour ce faire deux étalons : l’urine et l’ordre des canidés. Et ce, sans que l’un ait le moindre rapport avec l’autre (bien que l’on connaisse la propension canine à badigeonner de sécrétions angles de murs, poteaux, arbres et d’une manière générale tout sémaphore utile capable de baliser un territoire).

Rue Gama [ry ɡama]

Fig. A. Angle de la rue Gama au XVIIIᵉ s.

[ry ɡama] (n. propr. GPS)

Là où des modèles rationnels de villes classent leurs rues selon des numérotations empêchant tristement le badaud de se perdre (mais ceci est une autre histoire), d’autres optent pour une dénomination et certaines osent l’absence de tout repère officiel.