La coupure d’électricité [la kupyr délèktrisité]

Fig. A. « La grande grève », Georges de La Tour, musée du Louvre.

[la kupyr délèktrisité] (gr. nom. CGT)

Pas question ici du 19 décembre 1978, quand à huit heures vingt six la France se trouva paralysée par une gigantesque panne de courant accidentelle qui immobilisa la totalité du pays¹, contraignant les usines à l’arrêt, bloquant les ascenseurs entre deux étages, coupant la lumière des maisons et bureaux, et faisant dégeler le freezer du réfrigérateur familial, entraînant ainsi la perte de mes Danino.

Une catastrophe.

Donner des noisettes à ceux qui n’ont plus de dents [dòné dé nwazèt a sö ki nô ply de dâ]

Donner des noisettes à ceux qui n'ont plus de dents

Fig. A. Noisette dure à casser.

[dòné dé nwazèt a sö ki nô ply de dâ] (loc. verb. CARPE DI.)

On trouve dans les chansons grivoises de Gaultier-Garguille, alias Hugues Guéru ou Fléchelles pour les intimes, mention de donner des noisettes à ceux qui n’ont plus de dents. On peut donc affirmer que l’expression nous vient a minima du XVIIᵉ siècle, quand sévissait le comédien et chansonnier. Ce qui en prouve l’évidente surannéité, confortée par la lecture de l’extrait ci-dessous :

Tournidol [turnidòl]

Tournidol

Fig. A. Cloclo en Tournidol.

[turnidòl] (marq. dép. YÉYÉ.)

Bien longtemps avant que la routourne ne tourne¹, c’est le 45T qui fait roucouler les ritournelles permettant de clamer haut et fort sa révolte germanopratine (Sept cent millions de Chinois, Et moi, et moi, et moi, Avec ma vie, mon petit chez-moi, Mon mal de tête, mon point au foie, J’y pense et puis j’oublie, C’est la vie, c’est la vie) ou de déclarer sa flamme à une blondinette en reprenant les paroles du premier slow de l’été (J’avais dessiné sur le sable, Son doux visage qui me souriait, Puis il a plu sur cette plage, Dans cet orage, elle a disparu).

Un temps de singe en laiton [ê tâ de sêZ â lètô]

Fig. A. Cold enough to freeze the balls of a brass monkey.

[ê tâ de sêZ â lètô] (gr. nom. MONK.)

L‘anglais n’est bienvenu sur nos terres qu’en de très rares circonstances et il convient de souligner avec tambours et trompettes qu’il est probablement à l’origine d’une bien jolie expression surannée décrivant les frimas météorologiques (l’on sait la passion des sujets de sa gracieuse majesté pour les insipides conversations sur le temps qu’il fait-ah-ne-m’en-parlez-pas-ma-pauvre-madame-do-not-tell-me-about-that-what-a-pity).

Tennis-barbu [ténisbarby]

Fig. A. Quinze pour moi !

[ténisbarby] (n. comp.SET)

Non, on ne s’ennuyait pas dans les temps surannés. Non, ami djeuns’, même sans wifi et appareils électroniques connectés, on savait s’amuser.