Gratter du jambonneau [ɡraté dy Zâbòno]

Fig. A. Antonio Stradivari sculptant le Lady Blunt. 1721.

[ɡraté dy Zâbòno] (loc. verb. CHARC.)

Quand le petit voisin du troisième doit se conformer au rêve évanoui de sa maman de devenir premier violon de l’orchestre de l’Opéra de Paris, l’abominable son du crincrin fait immanquablement ressurgir une expression charcutière : gratter du jambonneau.

Lapin de corridor [lapê de kòridòr]

Lapin de corridor

Fig. A. Lapin de corridor fayotant auprès du chef pour écarter le vil souriceau.

[lapê de kòridòr] (n. vernac. POUV.)

Entendons-nous bien : lorsque naît l’expression que nous allons disséquer, elle ne comporte strictement aucun mépris, aucune condescendance, tout juste une certaine distance un peu bourgeoise imposée par l’organisation du travail.

Inutile donc de tomber sur le râble de la langue surannée et de la tancer de tenir une vision rétrograde. Tout ça parce que certains ne tolèrent plus guère qu’il faille du personnel de maison pour justement en tenir une correctement.

Sirop de grenouille [siro de ɡrenuj]

Sirop de grenouille

Fig. A. L’art de boire une grenadine à la paille.

[siro de ɡrenuj] (n. comp. AQU.)
SYN. Sirop de baromètre.
Issu des chamailleries entre Plantagenêts et Capétiens qui occupèrent les armées de la perfide Albion et les nôtres pendant quelques années, le surnom de froggies, pour mangeurs de grenouilles, marque tout le dégoût des Angliches pour l’art culinaire de nos provinces.

Se torcher le cul avec des pierres plates [se tòrSé le ky avèk dé pjèr plat]

Fig. A. Papier triple épaisseur. Musée P&G.

[se tòrSé le ky avèk dé pjèr plat] (loc. verb. PQ.)

Que ne faut-il pas inventer pour exprimer dédain voire mépris ! Quand s’en tamponner le coquillard ne suffit plus, quand en toucher une sans faire bouger l’autre n’est pas assez clair, quand s’en battre les c******* avec une pelle à tarte est trop vulgaire, il ne demeure plus qu’une seule expression : se torcher le cul avec des pierres plates.

Se laver la bouche au savon [se lavé la buS o savô]

Se laver la bouche au savon

Fig. A. Louis Pasteur, inventeur du lavage de bouche au savon.

[se lavé la buS o savô] (loc. verb. ******)

Si l’on employait alors des tournures, mots et expressions depuis devenus désuets, il n’était pas pour autant question en ces temps surannés d’utiliser un langage ordurier. L’on trouvera d’ailleurs dans les pages nombreuses de cette noble encyclopédie tout le nécessaire à l’insulte non vulgaire.

Dahu [day]

Fig. A. Le dahu, in Physiologus. Edition unique.

[day] (n. com. FANTAS.)

Dans la longue liste des animaux plus ou moins surannés, du tyrannosaure – dont nous devrions chaque jour remercier la météorite extinctrice car il est à peu près certain qu’il aurait fait de nos pauvres carcasses un amuse-bouche s’ils les avaient croisées – au dodo qui est désormais une bière qui se boit à l’ombre de la case puisqu’on a mangé le dernier, il en est un qui figure depuis peu.