Essuyer le cul d’un mammouth avec un confetti plié en quatre [ésÿijé le ky dê mamut avèk ê kôféti plijé â katr]

Essuyer le cul d'un mammouth avec un confetti plié en quatre

Fig. A. Timbre postal célébrant l’expression essuyer le cul d’un mammouth avec un confetti plié en quatre.

[ésÿijé le ky dê mamut avèk ê kôféti plijé â katr] (exp. imag. MAMM.)
Possible. Incongru mais possible. Difficile voire très risqué, mais possible.

C’est de cette opposition entre l’exploit et le réalisable que procède la force d’une expression dont l’objectif est de rendre compte d’une inadaptation des moyens déployés pour la réalisation d’une action. Une inadaptation par manque de moyens s’entend.

C’est essuyer le cul d’un mammouth avec un confetti plié en quatre qui porte cette ambition.

Nos ancêtres ont témoigné de leur difficulté relationnelle avec ces éléphantidés poilus en décorant leurs cavernes de témoignages picturaux poignants. Sans être un grand spécialiste du tardiglaciaire et de l’holocène, il est facile de comprendre que déjà à cette lointaine époque, essuyer le cul d’un mammouth avec un confetti plié en quatre résumait l’Everest qui se dressait devant homo erectus traversant son territoire pour se rendre à la pèche ou à la grotte commune. C’est que la bestiole peut atteindre douze tonnes et cinq mètres au garrot.

Bien entendu la grammaire disponible ne permettait pas d’énoncer comme tel le défi proposé. Mais l’idée était déjà là et c’est pourquoi la langue n’aura aucun mal à la transformer, dès qu’elle sera structurée, en essuyer le cul d’un mammouth avec un confetti plié en quatre.

Notons bien la double difficulté que suggère l’expression : d’abord essuyer le cul d’un mammouth, compliqué du fait de ses poils épais et longs pouvant atteindre un mètre, et de l’humeur souvent acariâtre du colosse. Ensuite avec un confetti plié en quatre. Qui s’y est essayé sait combien l’opération est minutieuse et fastidieuse. Qui plus est, homo erectus a de gros doigts nécessaires à l’effort que demande son combat quotidien.

Depuis la nuit des temps, on peut sans coup férir affirmer qu’une corvée quasi insurmontables’exprime au mieux en essuyer le cul d’un mammouth avec un confetti plié en quatre.

Ce pourquoi l’expression rencontrera un immense succès. En 2008 la très officielle La Poste française lui rend un hommage appuyé avec une célébration en timbre à 0,88€ (cf. fig. A.). Mais c’est le chant du cygne.

Le moderne n’aimant guère se salir les mains (et encore moins se tuer à la tâche) il rendra surannée essuyer le cul d’un mammouth avec un confetti plié en quatre, lui préférant un banal et sans relief à l’impossible nul n’est tenu.

Laisser un commentaire