Catégorie : Élégances

Baise-en-ville [bèzâvil]

Baise-en-ville

Fig. A. Homme du bourg.

[bèzâvil] (n. comp. MAROQ.)
Entre Front Populaire, affaire Stavisky, ligues d’extrême droite et crise économique, les années 30 qui succèdent aux années folles (Joséphine Baker, La Closerie des Lilas, Montparnasse, Montmartre…) vont faire monter la pression.

Avoir le peigne dans le maillot de bain [avwar le pèN dâ le majo de bê]

Fig. A. Maître-nageur pas très cool, sans peigne dans le maillot de bain.

[avwar le pèN dâ le majo de bê] (loc. aqua. COOL.)
Parmi les attitudes relax qui posent leur homme des années surannées, il en est une qui s’exerce plus particulièrement en zone et tenue de baignade.

À la plage comme à la piscine, on admirera la formidable voire insolente aisance du rodomont de service en précisant, admiratif, qu’il a le peigne dans le maillot de bain.

La cagoule [la kaɡul]

Fig. A. Soldats de l’armée russe béats devant les cagoules anglaises.

[la kaɡul] (n. comm. BONNET.)
On est évidemment en droit de se demander ce qui a bien pu passer par la tête des responsables de la mode vestimentaire des années surannées.

À double titre l’on s’interrogera au cours de la présente étude sur leur rapport à l’humanité que l’on pourrait trouver cruel.

Manger avec la fourchette du père Adam [mâZé avèk la furSèt dy pèr adâ]

Fig. A. Adam et Eve déjeunant devant l’arbre, Albrecht Durer, 1504.

[mâZé avèk la furSèt dy pèr adâ] (loc. verb. SAV. VIV.)
En résumé, dans le jardin d’Éden il était convenable de se promener à poil, habituel de discuter avec les animaux et tout à fait correct de manger avec les doigts.

Les menus dérèglements qui suivirent un malheureux conflit de voisinage et une histoire de pomme qu’il ne fallait pas cueillir parce qu’elle appartenait à un grincheux voisin contraignirent l’humain à l’invention du caleçon, de la chasse et de la fourchette.

S’habiller au décrochez-moi ça [sabijé o dékròSé-mwa sa]

Fig. A. Chaussures non lacées et ourlet inexistant pour un habillage au décrochez-moi ça réussi.

[sabijé o dékròSé-mwa sa] (loc. verb. MODE.)
Si la mercatique moderne et ses voies subtiles impénétrables au commun des mortels consommateurs permettent désormais l’achat au prix fort de Jeans déchirés comme après une gamelle en vélo ou de pulls si étrangement tricotés qu’on pourrait imaginer la machine à tricoter SINGER type 2200 double fonture encore en service, il nous faut rappeler qu’il n’en a pas toujours été ainsi et que la langue a parfois tenu à mettre une certaine distance avec le négligé vestimentaire.

Pet-en-l’air [peãlèr]

Fig. P. Crepitus, dieu des flatulences de la Rome antique.

[peãlèr] (n. com. VEST.)
Prag-ma-tique. Et poétique !

La langue surannée possède ces deux cordes à son arc. Pragmatique car de ses mots tenus en trait d’union accumulant adverbe, préposition, pronom et pourquoi pas nom commun ou nom propre, surgit une compréhension immédiate et limpide.

Être dans ses petits souliers [ètre dâ sé peti suljé]

Fig. A. Cendrillon dans ses petits souliers de vair. Illustr. Gustave Doré.

[ètre dâ sé peti suljé] (loc. verb. CENDR.)
Rigidité de la semelle et découverte de la cheville caractérisent le soulier chaussant le pied.

Se trouvant crottés, vernis ou de vair (cette fourrure d’écureuil gris qui permit à Cendrillon de se faire remarquer par le Prince¹, vous connaissez la suite…), les souliers doivent comme toute basket, tong ou escarpin, respecter la pointure du chaussé, exprimée en point de Paris².