Pompiste [pɔ̃p_ist_]

[pɔ̃p_ist_] (n.m. MÉCA. CINÉ.)
Pour toi lecteur né après les années 70 (l’INSEE date officiellement la disparition du dernier pompiste du 2 mars 1979¹) le pompiste était un mec sympa qui faisait le plein en carburant de ta voiture sans que tu aies à en descendre. Le cas échéant, et à la demande, il pouvait te faire comme on dit les niveaux c’est à dire l’appoint en huile ou liquide lave-glace. Ça coûtait la pièce et c’était marre. Oui à l’époque on pouvait encore accéder au compartiment moteur d’une voiture mais ceci est une autre histoire. Ce pompiste donc est désormais suranné. Oh certes il n’a pas complètement disparu et quelques stations-service bien justement ainsi dénommées continuent à t’éviter de mettre les mains dans le cambouis ou à te parfumer les mains et les chaussures au 98SP de chez Total. Mais c’est là exception. En règle général, le pompiste n’est plus.

Fig. 1. A vot'service ma p'tite dame. XIXᵉ s.

Fig. 1. A vot’service ma p’tite dame. XIXᵉ s.

Sa dernière apparition publique l’est dans un film sorti en son hommage en 1983, j’ai nommé Tchao Pantin. Coluche y campe un pompiste alcoolique et dépressif qui se suicide à petit feu dans la nuit de Barbès. Toute l’âme solitaire et noire du pompiste, du vrai, du pro, est là. Ce coup de main magique qui permet de bloquer le pistolet de la pompe et de faire autre chose pendant que l’essence remplit le réservoir (perso je n’ai jamais réussi). Cette nonchalance et ce regard perdu sur la ligne bleue des Vosges jusqu’au clac indiquant la fin de l’opération. Cette maestria qui permet en une seule fois d’aboutir à un prix rond : 87 Francs s’il-vous-plait (jamais réussi non plus). Ces mains frustes et ces chiffons graissés. Voilà ce qu’était le pompiste mes amis ! Et toujours le mot pour rire (Les Grosses Têtes en fond sonore dans l’atelier étaient de rigueur bien entendu) ou le conseil météo à dégainer. Et ce « à vot’ service » qui n’appartient qu’à lui.

Pompiste tu nous manques (Coluche aussi mais ce n’est ni le lieu ni l’instant). Tchao l’artiste, je te laisse sur cette bande son inoubliable de Charlélie.

🎶Quand les nuits sont trop longues
Quand le sang tourne en rond
Dans les vapeurs d’essence🎶
Dans les rêves qui s’embrument
Des envies qui se balancent🎶
🎶Et des moteurs qui fument

¹INSEE, Tableau de Bord des Indicateurs Nationaux de Structuration des Indices Comparatifs de l’Économie Pétrolière (TBINSICEP), 1979-1980, page 348

  2 comments for “Pompiste [pɔ̃p_ist_]

  1. Thévenin
    2 novembre 2015 at 20 h 02 min

    Hello,
    Juste un détail : il manque un « s » au « manque » de la dernière phrase…
    @+,
    ThTh

  2. Olivier Genevois
    2 novembre 2015 at 21 h 54 min

    Thierry, je te nomme correcteur en chef. Merci.

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