Popaul [pòpol]

Fig. A. Enlarge your Popaul.

[pòpol] (dimin. PRÉN.)
Échappant par on ne sait quel miracle à la censure, en 1975 le gourmand Pierre Perret nous chante en souriant que tout tout tout, nous saurons tout sur le zizi, le vrai le faux, le laid le beau, le dur le mou qui a un grand cou, le gros touffu, le p’tit joufflu, le grand ridé le mont pelé, tout tout tout tout, il nous dira tout sur le zizi¹.

Et nous de reprendre tous en chœur (d’autant plus facilement que c’est l’été et qu’on est à la campagne couchés dans les foins en train de boire de l’alcool frelaté piqué au grand-père et de crapoter du bois fumant, mais ceci est une autre histoire), faisant du Zizi un succès.

Certes Pierrot va tout nous dire sur le zizi auquel on ne connaît pas grand chose, et on l’en remercie, mais il oublie le principal : son nom. Oui, il serait bien normal de commencer par là car l’organe mâle de miction et de copulation a un petit nom : Popaul.

Diminutif bâti sur la base d’un redoublement de Paul, Popaul est généralement usité par l’homme auquel il est relié et sans lequel il n’a aucune capacité à exister. Popaul n’est pas en effet un être totalement autonome même s’il semble parfois prendre le contrôle de celui dont il n’est théoriquement qu’un appendice opérationnel (mais ceci est aussi une autre histoire).

Le fait que seul Popaul bénéficie d’une dénomination (a-t-on déjà vu un pied se faire appeler Michou ou une oreille Titine ?) dénote cependant un statut très particulier au sein du corpus organique. Popaul n’est pas n’importe qui, ni même n’importe quoi.

Tantôt gaillard, tantôt tout rabougri, Popaul a ses humeurs souvent indépendantes de celles du cerveau qui, notez le au passage, tout chefaillon qu’il soit, s’appelle tout simplement cerveau (ce qui est quelque peu ridicule). On peut même dire que Popaul a ses têtes, bien qu’il semble se préoccuper nettement plus d’autres parties de l’anatomie de ses interlocutrices ou interlocuteurs.

Doté d’une véritable sensibilité, Popaul n’est pas de marbre et souffre de son origine latine, paulus, qui signifie petit. Aussi Popaul s’évertue-t-il sans relâche à grandir. À tel point que le toujours à l’affût marketing s’en est saisi (si l’on peut s’exprimer ainsi) et propose des techniques pour l’aider : enlarge your penis serine-t-il en angliche (le marketing jacte en angliche, ça pose son homme) à longueur de bannières clignotantes sur les Internets, envoyant s’étioler en surannéité ce bon vieux Popaul franchouillard et nettement moins vendeur.

Comme souvent, Popaul est devenu suranné quand il est s’est mué en enjeu commercial : désormais les marchands du Temple l’appellent Monsieur.

¹Paroles et musique Pierre Perret © Editions Adèle 1975.

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