Fi [fi]

[fi] (inv. FAM.)
mots-surannes-fi

Fig. 3. Mépris de boudoir. XVIIᵉ s. Collec. privée.

Que quiconque vous l’opposât et il vous clouait au pilori en une syllabe et deux si simples lettres. C’est qu’il est cinglant ce fi si suranné. D’une morgue, d’une répugnance, d’un dégoût si prononcé qu’il se pince du bout de lèvres, les commissures en berne, pour vous faire mordre la poussière. Fi siffle comme le fouet, se faufile dans l’air et vous marque d’une estafilade qui ne cicatrisera pas. Il a dû en blesser des orgueils en ces temps surannés où l’affront se réglait au pré clair, le choix des armes à l’offensé.

Fi n’est pourtant guère viril. C’est un dédain mondain, un mépris de boudoir. Fi se proclame en perruque empoudrée, d’une moue maniérée, d’un petit air pincé. Fi est même fort civil, il peut être lancé en toute compagnie, sous les ors du pouvoir ou au tréfonds des bas-fonds de ses basses besognes. En toutes circonstances, fi est bien adapté. En quelque sorte fi est du meilleur goût et sait lui-même faire fi de vos pudeurs polies pour vous laisser à poil devant un auditoire, plus humilié en somme que si c’était un poing que vous aviez pris en pleine poire.

Fi fait mal.

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