Le carrelage blanc du métro [lə kaʁlaʒ blɑ̃ dy metʁo ]

Fig. A. L’entrée du métro, avant le carrelage blanc. Musée RATP.

[lə kaʁlaʒ blɑ̃ dy metʁo ] (ligne 1. METR.)
Sept virgule cinq centimètres de haut sur quinze de large pour créer un rectangle, des bordures biseautées et un blanc de céramique immaculée, voici les ingrédients du suranné.

Apposez le tout de façon horizontale et régulière sur les parois de volumes conséquents, laissez mijoter pendant un petit peu plus d’un siècle. Vous obtiendrez une ambiance des plus surannées que seules quelques élucubrations décoratives décennales régulières risqueront de faire basculer dans le tendance ou le vintage. En dehors de ces vaines et vilaines tentatives, le résultat demeurera suranné, soyez-en sûr.

Le carrelage blanc du métro parisien baigne ses millions de visiteurs hebdomadaires dans une formidable touche surannée. Il lutte pourtant à armes inégales avec les écrans toujours plus beaux toujours plus grands, avec la créativité exacerbée des publicitaires déjantés et des marques allumées, avec des panneaux aux impérieux tournez-à-droite-suivez-la-flèche, et il résiste, distillant sereinement ses atours d’antan. Ce bon vieux carrelage blanc du métro qui n’a pas d’autre atout que celui d’être à sa place nous a bien eus.

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