Bande-que-d’une [bâdkdyn]

Bande-que-d'une

Fig. A. Mesure de la lâcheté d’un bande-que-d’une.

[bâdkdyn] (n. comp. BAND.)
La constitution étrange de l’expression triturée en tous sens ci-après pourrait laisser à penser que ses créateurs n’étaient que très peu éveillés sur l’irrigation par le sang artériel des corps caverneux.

Elle semble en effet mélanger les fonctions des différentes parties du costume trois pièces, conférant aux roupettes celle de hisser le chapiteau.

Une bizarrerie puisqu’il est évident qu’avant même l’accord complexe du participe passé avec le complément d’objet direct, la résolution d’une équation à deux inconnues ou la compréhension du formulaire Cerfa n°15533*01 d’exonération de la taxe foncière sur les propriétés non bâties pour les parcelles exploitées selon un mode de production biologique, l’homme avait tout compris de la vascularisation des organes de la vie.

Bande-que-d’une est in petto un mystère de la création linguistique.

Désignant un individu lâche et timoré, bande-que-d’une sous-entend que des deux jumelles procréatrices une seule est en fonction chez l’individu visé et que cette demi-mesure est la cause de sa couardise. Or aucune étude médicale sérieuse n’établit de lien entre la capacité contractante d’une gonade isolée et une quelconque forme de courage.

Mais de cela le langage suranné ne voudra rien savoir puisqu’il va faire de bande-que-d’une l’un des synonymes de froussard les plus populaires.

Les savants auront beau disséquer, mesurer, découper, soupeser de la roubignole, bande-que-d’une ne perdra pas en influence avec les progrès de la science. Pendant des dizaines d’années le dégonflé sera un bande-que-d’une (et par conséquent le casse-cou un bande-des-deux, autre expression vite transformée en bandidos¹ mais ceci est une autre histoire). Ainsi insensible au savoir, bande-que-d’une désignera plus d’un veule supposé ou d’une poule mouillée.

Ce débandé va heureusement disparaître grâce à la figure moderne du winner, homme sévèrement burné capable de passer d’un cours d’aérobic à une conférence sur le rachat des entreprises en dépôt de bilan non sans avoir entre temps transporté les foules grâce à sa poésie win-win gravée sur 45T.

Comme il ose tout (c’est même à ça qu’on le reconnaît), ce mercanti pousse bande-que-d’une en surannéité. Lui il en a, deux et des grosses, et ce n’est pas une expression vieillotte qui va oser lui barrer la route du succès.

¹Dos = deux.

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