Socquettes [sɔkɛt]

[sɔkɛt] (n. fém. CHAUS.)
Socquette est au vestiaire l’une des marques les plus chargées en suranné (je parlerai un autre jour des bas et de la voilette). Car la socquette nous vient de la Communale ou de l’école buissonnière c’est selon, mais en tout cas d’une époque où la guerre des boutons faisait rage, et où, va savoir pourquoi, la gambette avait lieu de paraître alors que la cheville devait rester cachée. Notons au passage que cette mode aujourd’hui singulière demeure d’actualité au pays du Soleil Levant où la socquette habille les écolières en jupe plissée. La socquette c’est le tableau noir et la craie, l’éponge de feutrine poussiéreuse, l’encre et les dix sur dix. La socquette c’est un mot qui claque à l’énoncé, aussi sévère que l’attitude professorale un jour de thème ou de version.

Socquette c’est aussi le paradoxe d’un mot tendre, car pour toute blanche immaculée qu’elle soit, la socquette peut activer un imaginaire Lolitesque sulfureux. Mais là on quitte le suranné. Si socquette a rejoint la galerie surannée, elle n’a pour autant pas disparu, se mutant en sportive branchée (sa grande sœur chaussette de tennis irradiant le ringard), en sans couture confortable pour androgyne en jean, en invisible aux vertus désodorantes; eh oui on est loin du glamour. Heureusement en acquérant ces fonctions terriblement modernes elle a changé de nom. La socquette appartient au passé.

 

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