Entrevue surannée : David Abiker [david abikèr]

Fig. A. Hasta siempre.

Né à la fin des années flower power, David Abiker virevolte avec brio d’émissions télévisées (le Mag sur Canal Plus à 17:45)  en chroniques radiophoniques (la revue de presse sur Radio Classique à 8:30) et ne dédaigne pas gratter du papier quand le temps lui est laissé. C’est vous dire si le gonze a du vécu question répartie et idées bien ficelées. Nous avons eu le plaisir de lui poser deux trois questions saugrenues pour savoir s’il est vraiment suranné.

— David, on vous voit assez présent sur les réseaux sociaux : c’est pour faire djeuns’ ?

« Rajeunir avec les réseaux ? Vous rigolez. On y perd ses années, sa jeunesse et son temps. Quand je pense à mon ramage il y a 12 ans (quand je suis arrivé sur Twitter) et que je compare avec la loque sans plumage que je suis devenue à force de tweets débiles, de clash et de sous-buzz, on ne me fera pas croire que les réseaux forment la jeunesse. Ils la ternissent. Ils l’usent, la rongent, la minent. Quant aux jeunes, vous l’aurez deviné, je les déteste. Et je sais de quoi je parle : j’ai des enfants. »

— Peut-on gagner le tournoi des VI nations avec des djeuns’ qui n’ont même pas fait leur service militaire ?

« Je ne me suis jamais intéressé au rugby. Principalement en raison de la forme du ballon qui m’a toujours parue suspecte. Joués par des jeunes ou des vieux, tout match de rugby produit chez moi un sentiment d’isolement et de desappartenance au monde de l’ovalie. Sans doute parce que je manque d’éducation. »

— Une jeunesse qui écoute du Maître Gims peut-elle être une jeunesse formidable ?

« Ni Dieu. Ni Guêtres. Ni Maître. Ni Gims. »

Fig. B. Ni Dieu. Ni Guêtres. Ni Maître. Ni Gims.

— Canal+ c’était mieux avant ?

« Le Canal Plus qui m’aide à gagner ma croute aujourd’hui est nécessairement meilleur que celui qui a organisé des fêtes coûteuses à Cannes à prix d’or sans jamais m’y inviter car j’étais déjà ringard. Ceci dit tout était mieux quand il n’y avait que 4 chaînes. Mon chiot et moi appelons néanmoins votre attention sur ce fait précis et concret : le Canal Plus d’hier ne proposait pas le Canal Play d’aujourd’hui qui n’a rien à envier à Netflix et OCS et tout le reste. Donc avant de dire que Canal Plus était mieux avant abonnez-vous à Canal Play et nous prendrons langue à nouveau à ce sujet. »

Piotr Pavlenski sera ravi de faire de « l’art politique » à la gauche du Très Haut

— Dieu vous donne la possibilité de faire revenir Patrick Deweare à condition de lui confier l’âme d’un artiste moderne : qui lui envoyez-vous ?

« Vous me demandez donc de ressusciter Dewaere et d’envoyer un moderne ad patres ? Je lui dépêche Piotr Pavlenski qui sera ravi de faire de « l’art politique » à la gauche du Très Haut. »

— Une odeur surannée en tête ?

« L’odeur d’un moteur Porsche après une heure de route. Un moteur à essence évidemment. Et la fleur d’oranger des biberons de mon enfance. »

— Et pour terminer votre juron préféré quand un ******** vous fait une queue de poisson en bagnole ?

« Pistachier ! Ou faquin. J’aime également gourgandine riche de promesses et de parfums capiteux. »

Fig. C. Hoite hol i olle o !

  5 comments for “Entrevue surannée : David Abiker [david abikèr]

  1. 26 février 2020 at 14:40

    Bravo pour votre site ! Je viens de lancer mon activité de rédactrice, correctrice et traductrice et je lutte aussi contre l’appauvrissement de notre belle langue française !

  2. 26 février 2020 at 16:10

    Je vois surtout que pour être un vieux con suranné (je rappelle que j’ai le droit d’en parler en temps qu’éminent membre) il faut avoir le poil du menton blanc et mi-long.

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