À musse-pot [a myspo]

Fig. C. Bzzzzz bzzzzz bzz…

[a myspo] (loc. adv. FAM.)
D’utilisation rarissime, à musse-pot nous vient probablement du fin fond des temps surannés, si tant est qu’on puisse encore les localiser. Et qui plus est d’une de ces provinces françaises qui gardent bien au secret leurs recettes de cuisine et quelque mythes païens inavouables (pierre de lave, animal sauvage mangeur d’hommes, Ankou, poil de licorne, forêt druidesque, etc.). Pour sûr il y a du patois sous cet à musse-pot ou je ne m’y connais pas.

Immanquablement comme j’entends à musse-pot dans une conversation (fait exceptionnel, donc), j’imagine des ombres indues se glisser sur les murs, des froissements d’étoffes dissimulatrices, des bougies pour n’éclairer que les mains, des regards qui fuient, des paroles chuchotées.

À musse-pot est l’escapade nocturne de l’amoureux adolescent, à musse-pot est tiré le tord-boyau du bouilleur de cru, à musse-pot est rejoint le coin à champignons ou le bras de rivière si poissonneux. Il y a du bon sens paysan dans cet à musse-pot là, c’est moi qui vous le dit. À musse-pot n’est pas méchant, tout juste entend-il préserver une petite part de secret au cœur de cette époque qui se repaît de potins, se gargarise de ragots et porte au firmament les plus grands indécents. À musse-pot est érotique : il susurre et s’accorde à demi-mot.

C’est un secret.

 

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