Catégorie : Classé X

L’abbaye de s’offre-à-tous [labéi de sòfreatu]

Fig. A. Henri de Toulouse-Lautrec, Salon de la rue des Moulins.

[labéi de sòfreatu] (n. com. BORD.)

L‘ordre monastique de Cluny créé au Xᵉ siècle fut à l’origine du nom d’abbaye. Il est donc évident que l’abbaye ci-dessous définie ne peut avoir existé avant; en tant qu’expression s’entend, car en tant que lieu l’abbaye de s’offre-à-tous existe depuis toujours puisqu’on y exerce le plus vieux métier du monde.

Passer le pont de Gournay [pasé le pô de ɡurnè]

Fig. A. Incitation publicitaire à passer le pont de Gournay.

[pasé le pô de ɡurnè] (loc. verb. STUPR.)

En toute époque la décence a des bornes. Celles de la dionysiaque Grèce antique ou de la décadence romaine ne sont pas les mêmes que celles des années flower power, et elles évolueront sensiblement au cours des onze siècles d’existence de l’abbaye de Chelles (657-1790) qui sera par ailleurs l’un des lieux en créant la mesure.

Frère Jacques [frèr Zak]

Fig. A. Première partition manuscrite de frère Jacques.

[frèr Zak] (n. pr. SEX.)

Selon une étude menée par le Dictionnaire raisonné des mots surannés et expressions désuètes, et ce bien que les preuves écrites de la thèse osée que nous avançons ci-dessous soient minces, il est plus que vraisemblable que frère Jacques fut un jour synonyme de Popaul.

Rentrer avec la canne sous le bras [râtré avèk la kan su le bra]

Fig. C. La canne, symbole des puissants.

[râtré avèk la kan su le bra] (loc. verb. SÉDUC.)

De prestige ou d’orthèse, la canne est un accessoire caractéristique remontant aux plus surannées des années puisque Toutânkhamon lui-même en fut grand utilisateur, la collection retrouvée à ses côtés en témoigne.

Tirelipimpon sur le chihuahua [tirlipêpô syr le Siÿaÿa]

Tirelipimpon sur le chihuahua

Fig. H. Chihuahua bien tirelipimponé.

[tirlipêpô syr le Siÿaÿa] (form. ritu. BAGAT.)

Si la créativité linguistique s’exerce de façon aussi pointue dans le domaine de la bagatelle que celle que nous allons étudier, c’est bien qu’il existe un tabou à nommer directement ce qui relève de l’exercice luxurieux avec les mots du quotidien.

Avoir des oranges sur la cheminée [avwar déz- òrâZ syr la Seminé]

Fig. Q. Cadeau de Noël. Musée Cosette.

[avwar déz- òrâZ syr la Seminé] (loc. verb. ROBER.)
SYN. Y avoir du monde au balcon

Ami djeuns’, voici de quoi moucher le vieux con suranné de la Belle Époque qui te serinera une fois de trop avec la profusion de biens à ta disposition pour tes loisirs et ton insatisfaction patente devant un Wifi bredouillant, quand lui « n’avait qu’une ou deux oranges à Noël et qu’il en était heureux. Ah, il les revoit, là, posées sur la cheminée… ».

Montrer ses estampes japonaises [môtré séz- èstâp Zapònèz]

Fig. A. 神奈川沖浪裏.

[môtré séz- èstâp Zapònèz] (loc. verb. ART.)
飾 北斎. Katsushika Hokusai en français. Peintre génial, auteur de La Grande Vague de Kanagawa. Un maître. Toujours prêt à montrer ses estampes japonaises. Et quoi de plus légitime pour un artiste de cette trempe ?

Être porté sur l’article [ètre pòrté syr lartikl]

Fig. A. Clients évaluant l’article avant de se décider à consommer.

[ètre pòrté syr lartikl] (loc. verb. SALAD.)

Le poissonnier hâbleur clamant qu’il est beau son poisson, qu’il est frais son poisson, le maraîcher bramant que sa salade est verte quand celui du stand d’en face lui réplique haut et fort que chez lui elles sont belles ses tomates, elles sont belles, nous induiraient en erreur si nous les prenions en exemple.

Agacer le sous-préfet [aɡasé le supréfè]

Fig. Affection du poignet causée par un agacement excessif du sous-préfet. Fac. médec. Paris.

[aɡasé le supréfè] (loc. verb. HAUT-FONCT.)

Les rédacteurs du décret no 64-260 du 14 mars 1964 portant statut des sous-préfets n’ont pas pensé à tout.

Pourtant les vingt neuf articles ont été rédigés sur le rapport du Premier ministre, du ministre d’État chargé de la réforme administrative, du ministre de l’intérieur, du ministre des finances et des affaires économiques et du secrétaire d’État au budget.

Popaul [pòpol]

Popaul

Fig. A. Enlarge your Popaul.

[pòpol] (dimin. PRÉN.)

Échappant par on ne sait quel miracle à la censure, en 1975 le gourmand Pierre Perret nous chante en souriant que tout tout tout, nous saurons tout sur le zizi, le vrai le faux, le laid le beau, le dur le mou qui a un grand cou, le gros touffu, le p’tit joufflu, le grand ridé le mont pelé, tout tout tout tout, il nous dira tout sur le zizi¹.