Catégorie : Arts

Il connaît pas Raoul [il kɔnɛ pa ʁaul]

Fig. A. Raoul. Du temps du cinoche, du vrai.

[il kɔnɛ pa ʁaul] (exp. CINE.)

In extenso : “Mais il connaît pas Raoul, ce mec ! Il va avoir un réveil pénible. J’ai voulu être diplomate à cause de vous tous, éviter que le sang coule. Mais maintenant c’est fini, je vais le travailler en férocité, le faire marcher à coup de lattes ! À ma pogne, je veux le voir ! Et je vous promets qu’il demandera pardon, et au garde-à-vous !”.

Celle-ci compte parmi les répliques les plus surannées du cinéma mondial. Oui, je le dis, je le redis et je le confirme.

Le micro avec un câble [lə mikʁo avɛk ɛ̃ kabl]

Fig. A. Alexandrie, Alexandra.

[lə mikʁo avɛk ɛ̃ kabl] (gr.nom. TECH.)
Oui, oui, la technique (remarquez que je n’ose pas technologie) peut tomber en surannéité plus vite que quoi que ce soit. Souvenez-vous du micro avec un câble. Celui-là même des plateaux télévisés des émissions de Maritie et Gilbert Carpentier, celui-là même que la vedette tenait en main pour nous interpréter un texte, celui-là même que le présentateur portait à son menton pour nous citer l’auteur des vers et de la partition. Le micro avec un câble et son mouvement souple de poignet qui dessinait un serpentin soudain destiné à lui donner du mou pour qu’il puisse suivre sur la scène les pas de la chorégraphie.

Les mots bleus [le mo blø]

Fig. B. Fleurs qui poétisent.

Fig. B. Fleurs qui poétisent.

[le mo blø] (titre. CHANS.)
Les mots bleus a été élue chanson surannée par un jury d’experts internationaux. Nul ne saurait remettre en cause ce sacre amplement mérité. Non, il s’agit tout simplement ici de déterminer si l’interprétation la plus envoûtante est celle de Christophe ou celle plus tardive de Bashung. C’est tout et c’est déjà pas mal.

Rembobiner une cassette au stylo bille [ʁɑ̃bɔbine yn kasɛt o stilɔɡʁaf bij]

Rembobiner une cassette au stylo bille

Fig 1. Cassette audio avant rembobinage au stylo. Collec. perso.

[ʁɑ̃bɔbine yn kasɛt o stilɔɡʁaf bij] (gest. K7)
S‘il en est des gestes surannés, celui-ci n’est pas des moindres. Le rembobinage de cassette audio au moyen d’un stylo bille demandait une dextérité de poignet toute particulière et les générations digitales n’envisagent pas un instant l’effort nécessaire à l’écoute renouvelée d’un tube de Height Wonder (avec Patsy Kensit, rhâââââââââ), de Bob Marley ou George Michael.

Daktari [daktaʁi]

Fig. A. Clarence, le lion qui louche.

[daktaʁi] (n.pr. AFRIQ.)
Daktariiiiii !

Je me souviens, le générique hurlait son nom d’une voix stridente. Daktariiii ! J’ai découvert l’Afrique comme ça, à la télé.

Beaucoup, beaucoup plus tard, j’ai appris que la série était tournée en Californie, dans un ranch. Mais peu importe, Daktari m’a conditionné aux soleils écrasants, aux animaux de la brousse, aux braconniers, aux Jeep et aux singes capables de les conduire. Sans oublier Clarence le lion qui louche.

Daktari c’était l’image Out of Africa bien avant la lettre, l’esprit Brazza, les tee-shirts qui collent à la peau avant Brando et les nurses sexy à en faire des tatouages sur les bras des marins. Bref un usine à fantasmes.

Et vous montriez ça à des enfants de deux ans ?

Merci.