Catégorie : Arts

Ne tirez pas sur le pianiste [ne tiré pa syr le pjanist]

Fig. A. We will meet again, Bill Evans.

Fig. A. We will meet again, Bill Evans.

[ne tiré pa syr le pjanist] (exp. imp. INDULG.)
Lucky Luke et ses fidèles compagnons Jolly Jumper et Rantanplan permirent à bon nombre d’enfants des années surannées de découvrir l’Amérique et la conquête de l’ouest ainsi que quelques expressions ardues employées par les cow-boys au temps de la ruée vers l’or. 

Le Petit Rapporteur [le peti rapòrtër]

Le Petit Rapporteur

Fig. A. La Liberté de se marrer attaquant la Bastille. Allégorie.

[le peti rapòrtër] (titre TV)

Si traditionnellement dans le royaume puis la république de France la critique des puissants et la moquerie de leurs mœurs fut l’objet de l’écrit (on ne compte plus les pamphlets qui envoyèrent refroidir en Bastille leurs rédacteurs trop peu subtils), sachez amis du nouveau millénaire que la télévision n’eut pas toujours la voix de son bon maître et qu’elle sut elle aussi faire dans le pernicieux.

Être vacciné avec une aiguille de phono [ètre vaksiné avèk yn éɡÿij de fòno]

Fig. J. Quand la vie
Par moment me trahit
Tu restes mon bonheur
Petite fleur.

[ètre vaksiné avèk yn éɡÿij de fòno] (loc. verb. BLABLA.)

Évidemment il faut avoir connu des ancêtres ayant vécu les années folles et même avant, pour avoir pu croiser l’expression que nous allons dérouler sous vos yeux ébahis¹.

Jeune fille, jeune homme, si le son est pour toi un fichier informatique, si son catalyseur se nomme iPod, MP3 ou même CD, tu vas en apprendre une bien bonne; reste donc parmi nous.

Carré blanc [karé blâ]

Fig. A. Carré blanc. 1908. Musée d’Art Blanc, Reykjavik.

[karé blâ] (gr. nom. TÉLÉ.)

Les temps surannés savaient parfois être pudiques, aussi lorsque Karl Ferdinand Braun inventa en 1892 le tube cathodique (celui qui donnera le téléviseur puis la télévision puis les programmes télévisés), les responsables de la chose décidèrent-ils d’instaurer ce que l’on pourrait appeler simplement index librorum prohibitorum juxta exemplar romanum jussu sanctissimi domini nostri si l’on parlait latin dès le matin à l’instar de la curie romaine.

Branle-gai [brâlɡé]

Branle-gai

Fig. R. Homme en tenue de branle-gai.

[brâlɡé] (n. comp. DANS.)
Les bonnes mœurs modernes sont souvent à l’origine d’une mise à la retraite de quelque mot qu’elles jugeront offensant pour les chastes pratiquants de la langue.

Smurf [smyʁf]

Fig. 1. Gettho-Blaster Dolby auto-reverse, piles LR20 non fournies. Collec. perso. O. Genevois.

Fig. 1. Gettho-Blaster Dolby auto-reverse, piles LR20 non fournies. Collec. perso.

[smyʁf] (n. com. HIP.)

Je sais que tu le peux, je sais que tu le veux.

Il s’appelle Momo, il nous vient de Sarcelles, tu fais le hip, tu fais le hop, yeah mon frère ! (in H.I.P. H.O.P., 1984, télévision française 1ère chaîne).

Pantalonnade [pâtalònad]

Fig. 1. Grotesque comique surjouant une bouffonnerie.

Fig. 1. Grotesque conseiller-expert près les puissants.

[pâtalònad] (n. fém. COMMED.)
Il est des mots délicieusement surannés qui doivent se dire avec l’accent. Ne me demandez pas pourquoi, c’est leur destin d’être prononcés de la sorte pour rendre compte de ce qu’ils sont; c’est ainsi.

Renaud [reno]

Fig. A. Un chanteur énervant.

[reno] (préno. SINGER)

I know, I know, you think I am crazy and that tout ça is not vraiment suranné. You could have raison but I wanted to rendre hommage à Renaud qui is a chanteur suranné maintenant qu’il a balancé ses vrais textes engagés pour des love song miévreux que le pastaga l’empêche de chanter réellement.

Maritie et Gilbert Carpentier [mariti é Zilbèr karpâtjé]

Fig 1. Logotype Office de Radiodiffusion.

[mariti é Zilbèr karpâtjé] (prod. TV.)

Aujourd’hui nous allons faire dans l’ORTF. Si ça c’est pas une époque surannée…

Les djeuns’ vous allez voir ce que c’est que la vraie variété du samedi soir et la fièvre qui va avec, les surannés vous allez pleurer parce que c’est votre enfance.

Faire un bide [fèr ê bid]

Fig. 1. Hamlet faisant un bide.

[fèr ê bid] (fam. SPECT.)
Si l’échec est toujours cuisant pour l’artiste quelle que soit son époque, en ces temps d’autrefois il se trouvait en sus ventripotent, une tare mal-aimée comme on le voit aussi dans Gros-Jean comme devant.

Oui, parfois la langue surannée à cela qu’elle est puissamment humiliante quand elle se met en tête de vous la mettre sous l’eau (la tête). Il est ainsi cette expression qui dote d’un surpoids bedonnant celui qui n’aura pas eu l’heur de plaire à son public et que nous allons donc de concert étudier sur le champ.