Catégorie : Langues

Pousser Mémé dans les orties (ne pas) [pusé mémé dâ léz- òrti]

Fig 1. Urtica urens. Plantes médicinales.

Fig 1. Urtica urens. Plantes médicinales.

[pusé mémé dâ léz- òrti] (expr. EXAG.)
Nulle violence par ici. Vous le savez, le suranné regarde ses ancêtres avec respect et dévotion, même quand il les met en scène et leur fait faire des galipettes. Comme on le dit au générique cinématographique : “aucune personne âgée n’a été blessée pendant la rédaction de cette chronique”. Vous pouvez donc la lire avec sérénité.

Nocer en père pénard [nòsé â pèr pénar]

[nòsé â pèr pénar] (gr. verb. FIEST.)
Dans chacune de ses acceptions modernistes de fiesta, before/after, teuf, rave, etc. la fête suppose en sus d’un débit de décibels conséquent, un nombre de participants important. C’est la taille qui fait le plaisir en matière de quorum festif. Grégaire qu’il est, le fêtard du millénaire en cours a besoin de congénères pour jubiler. Dont acte.

Cachet de la mairie [kaSè de la mèri]

Cachet de la mairie

Fig. 1. Albany Perforated Wrapping Paper Company. 1891.

[kaSè de la mèri] (loi 18 mars. OFF.)
Rarement définition surannée aura été aussi chiante. Et je pèse mes mots. Préparez-vous puisque l’on va parler du fameux décret du 25 septembre 1870 et de la loi du 18 mars 1918. Ne me dites pas que vous les ignorez, j’en serais fortement perturbé.

S’ennuyer comme un brochet dans le tiroir d’une commode [sânÿijé kòm ê bròSè dâ le tirwar dyn kòmòd]

[sânÿijé kòm ê bròSè dâ le tirwar dyn kòmòd] (prov. ÉBENIST.)
Pour celles et ceux qui viennent régulièrement en ces pages digitalisées, vous savez que je puise dans ma mémoire familiale de délicieuses sentences proverbiales surannées. C’est donc encore la parole arrière-grand-parentale que je convoquerai aujourd’hui pour vous faire part d’une certaine idée de l’ennui.

Glop glop, pas glop, pas glop [ɡlòp ɡlòp pa ɡlòp pa ɡlòp]

glop glop

Fig. A. Rare ensemble de phylactères vierges pouvant accueillir des glop ou des pas glop. Musée de la BD, Bruxelles.

[ɡlòp ɡlòp pa ɡlòp pa ɡlòp] (onomat. PIFOU)
Lorsque l’onomatopée devient incongrue et surtout incomprise dans les dialogues contemporains alors qu’elle s’exprima en une des plus grands tirages de la presse hebdomadaire¹, c’est tout simplement signe qu’elle a filé en surannéité. Et que par conséquent, si vous l’utilisez vous êtes vous-même suranné. La langue vit et meurt, c’est ainsi.

Prendre la voiture numéro 11 [prâdre la vwatyr nyméro ôz]

Fig. A. Aristote prenant la voiture numéro 11. Musée du Louvre.

Fig. A. Aristote prenant la voiture numéro 11. Musée du Louvre.

[prâdre la vwatyr nyméro ôz] (loc. verb. SNCF)
Puisque vous êtes désormais sensibilisés aux grands enjeux écologiques de la planète, vous savez que l’automobile est une vile pollueuse de nos villes et vous avez décidé d’utiliser le métro, le vélo ou bien la marche à pied pour vos trajets du quotidien. C’est bien.

Mais saviez vous que ce faisant vous n’alliez pas totalement quitter l’univers des transports ? 

Pas piqué des hannetons [pa piké dé antô]

Fig. Z. Hanneton piqueur.

[pa piké dé antô] (exp. INSECT.)
La langue surannée n’aime rien tant que chercher la petite bête. Celle qui monte qui monte qui monte et qui fait guili-guili, celle qui grattouille, celle qui chatouille. Dans cet exercice qui consiste à magnifier l’insidieusement petit, le négligeable, le détail (n’oubliez jamais que le Diable s’y cache), elle excelle comme nulle autre novlangue ultra-moderne à base de barbarismes pseudo-scientifiques ne saura jamais le proposer.

Plier les gaules [plijé lé ɡol]

Fig. A. Tariquet.

[plijé lé ɡol] (loc. PÊCH.)
Parfois il faut partir. C’est comme ça, tu le sens, c’est le moment. C’est un besoin irrépressible, partir, partir quand même quoi qu’il en coûte, partir loin ou partir pour toujours mais s’en aller. Et d’autres fois il est simplement l’heure de partir parce que le bistrot va fermer ou qu’il fait un peu froid, parce que le soleil descend et que tu ne veux pas rouler de nuit, parce que le chien s’agite et voudrait bien marcher.

Coquecigrue [kɔksiɡʁy]

Fig. A. L’un des rares portraits de coquecigrue. Collec. privée.

[kɔksiɡʁy] (n. imag. ANIM.)
Le bon sens populaire suranné voulait que le racontar de coquecigrue soit un bien vilain garnement avec toutes ses menteries. Il énervait le drôle, gavé de ses illusions qu’il cherchait tant à partager en les contant comme s’il les vivait.

Mais en dehors du royaume de Picrochole il n’y avait pas vraiment de place pour la coquecigrue. Pas de ça chez nous, méchant ! Du balai, ouste !

Partir en capilotade [paʁtiʁ ɑ̃ kapilɔtad]

Partir en capilotade

Fig. A. La capilotade. Musée Sainte-Anne.

[paʁtiʁ ɑ̃ kapilɔtad] (exp. cons. CUIS. FOL.)
Celui-ci vous n’avez pas dû l’entendre depuis des lustres au bas mot, et encore.

Partir en capilotade est devenu suranné suite à l’apparition de la cacahuète et de la vrille qui lui ont piqué sa place en fin de phrase. Oui, la cacahuète a tué la capilotade c’est ainsi. Cruel destin n’est-il pas ?