Catégorie : Bidules

Chaud les marrons [So lé marô]

Chaud les marrons

Fig. A. La châtaigne automnale du boulevard Saint-Michel.

[So lé marô] (exclam. AUTOMN.)
C‘est au Gaulois bagarreur et amateur de sanglier que la langue française doit à la fois la confusion marron-châtaigne et la profusion d’expressions utilisant l’un ou l’autre.

Mettre le paquet [mètre le pakè]

Fig. A. Paquet en attente de livraison dans un bureau de Poste.

La différence entre le bon et le mauvais goût, entre l’acceptable et le récusable, entre le public et l’intime, tient dans la main. Autant dire qu’elle ne pèse pas bien lourd et que sa subtilité pourra paraître déroutante à qui ne maîtrise pas le langage suranné.

Voici bien heureusement de quoi aider le béotien.

Prendre une avoinée (se) [prâdr yn avwané]

Prendre une avoinée (se)

Fig. A. “La prise de l’avoinée”, artiste anonyme, mai 1968.

[prâdr yn avwané] (loc. verb. ADADA.)
La propension de la langue à transcrire en expressions culinaires peut entraîner la nausée. Mais le français suranné ne saurait échapper à la culture dans laquelle il mijote, aussi l’accompagnerons-nous en cuisine pour la définition que voici.

NB : attention, cette notice contient des violences faites aux animaux et aux étudiants.

Bonbons, caramels, esquimaux, chocolat [bôbô, karamèl, èskimo, Sòkòla]

Bonbons, caramels, esquimaux, chocolat

Fig. A. Esquimau à la vanille, roi du panier de l’ouvreuse.

[bôbô, karamèl, èskimo, Sòkòla] (list. nom. CINÉ.)
Entre Jean Mineur et Jean Gabin, au Champo, au Louxor ou au Palace de Beaumont-sur-Oise, dans l’intimité d’un éclairage tamisé, voilà une voix qui s’annonce.

Elle n’use que de quatre mots et pourtant ils suffisent à nous mettre l’eau à la bouche : bonbons, caramels, esquimaux, chocolat, susurre-t-elle.

Pour les petits Chinois [pur lé peti Sinwa]

Pour les petits Chinois

Fig. A. “Le chocolat est l’opium du peuple”. Mao Zé Dong.

[pur lé peti Sinwa] (loc. nom. CHOCO.)
Ils étaient forcément malheureux, là-bas, à l’autre bout de la route de la soie, dans ce lointain empire où les petits livres étaient rouges et les petites filles abandonnées à la naissance¹. Mais on ne les laisserait pas tomber, et quitte à risquer la crise de foie, on parviendrait à les sauver (du communisme). On était prêt à tout pour les petits Chinois.

Na na na na nère [na na na na nèr]

Fig. A. Fayot dénonçant ses camarades.

[na na na na nèr] (onomat. SCOL.)
L‘index de la main droite glisse sur celui de la main gauche de façon répétée. Ce deuxième index est dirigé vers l’interlocuteur et semble le désigner, comme coupable de telle ou telle infamie. Les autres doigts sont repliés. La scène dure quelques secondes mais elle est scrutée par tous les présents dans la cour de l’école.

La poubelle de table [la pubèl de tabl]

Fig. A. Autoportrait : Eugène Poubelle.

[la pubèl de tabl] (n. comp. CADEA.)
Beurk ! Qu’ils étaient sales les temps surannés. Qu’ils étaient sales puisque jusqu’en milieu de table familiale il leur fallait une boîte à déchets. La poubelle de table, qu’on l’appelait !

Îlot de police [ilo de pòlis]

Fig. A. Robinson Crusoe régulant le trafic sur son île. Musée Préf. de police de Paris.

[ilo de pòlis] (gr. n. MARÉCH.)
La présence de la maréchaussée gardant stoïquement la paix en place de la Concorde ou à quelqu’autre carrefour fréquenté, est une donnée incontournable du paysage urbain des années surannées. La tâche affectée au représentant de l’ordre républicain consiste alors à faire respecter, autant que faire se peut, le code de la route.

Employé de péage [âplwajé de péaZ]

Fig. A. Jovial employé de péage. Musée A6-A7. Villefranche.

[âplwajé de péaZ] (n. com. TAX.)
S‘il convient d’afficher dans la longue litanie des métiers surannés ceux de hongreur, de lavandière, de mercelot, ou encore d’oribusier, il en est un qui n’a pas disparu faute de débouchés à l’exercice de sa compétence mais qui s’est vu débauché par la machine moderne, grande remplaçante de tout ce qui peut exiger des “conditions de travail” comme ils disent : employé de péage.

Buvard [byvar]

Fig. A. Publicité buvard pour le stylographe qui tuera le buvard… Musée Bic.

[byvar] (n. masc. PAP.)
Si boire comme un trou n’est guère recommandé par l’académie de médecine, les ligues de vertu et la maréchaussée, cela l’est en revanche très largement encouragé par les tenants des pleins et déliés.

Un peu comme si votre bon barbacole vous répétait “boire ou conduire, il faut choisir, boire et écrire, sans coup férir”, en quelque sorte. Car c’est bien à l’école que cette pratique soûlante est promue. Étrange n’est-il pas ?