Coquecigrue [kɔksiɡʁy]

[kɔksiɡʁy] (n. imag. ANIM.)
Fig. A. L'un des rares portraits de coquecigrue. Collec. privée.

Fig. A. L’un des rares portraits de coquecigrue. Collec. privée.

Le bon sens populaire suranné voulait que le racontar de coquecigrue soit un bien vilain garnement avec toutes ses menteries. Il énervait le drôle, gavé de ses illusions qu’il cherchait tant à partager en les contant comme s’il les vivait. Mais en dehors du royaume de Picrochole il n’y avait pas vraiment de place pour la coquecigrue. Pas de ça chez nous, méchant ! Du balai, ouste !

Cosmos 1999 [kɔsmos mil nœf sɑ̃ katʁə-vɛ̃-diz-nœf]

[kɔsmos mil nœf sɑ̃ katʁə-vɛ̃-diz-nœf] (titre SCI.-FI.)
Si Star Trek est passée culte (donc pas surannée), si Star Wars est demeurée commerciale (donc pas surannée), si San Ku Kaï s’est enlisée en ringardise (donc pas surannée), si Goldorak cherche sa place, Cosmos 1999 a rejoint depuis longtemps les zones surannées de l’espace-temps. Ses 48 épisodes, son casting, ses effets spéciaux et sa musique lui auront conféré tout ce qui sied au désuet.

SVP 11 11 [ɛs ve pe ɔ̃z ɔ̃z]

Fig. J. Standard SVP 11 11.

[ɛs ve pe ɔ̃z ɔ̃z] (num. tel. TV.)
Après le film, sur la 2, grandissait crescendo une musique grave et angoissante¹. Il commençait à se faire tard, le héros avait zigouillé les méchants mais la belle s’était quand même fait la malle avec un quidam bien plus lisse avec qui elle allait se morfondre toute sa vie si elle ne se décidait pas à revenir vers celui qu’elle aimait réellement, des noms défilaient de bas en haut sur l’écran à fond noir (on laissait le générique à l’époque surannée qui respectait le travail du plus obscur des techniciens 43e assistant responsable des canettes), et Alain Jérôme apparaissait en fondu enchaîné la ride du lion froncée et l’air soucieux et grave.

Un bon coup de fourchette [ɛ̃ bɔ̃ ku də fuʁʃɛt]

[ɛ̃ bɔ̃ ku də fuʁʃɛt] (gr. n. CUIS.)
Condition sine qua non de l’homme sachant vivre à l’époque surannée, gage de savoir-être auprès de toute maîtresse de maison qui se respecte, le bon coup de fourchette est le laissez-passer des dimanches réussis et des familles en paix. Distinction du gastronome rabelaisien bien de chez nous, ce bon coup permet tous les outrages post-agapes en notre beau pays bien suranné où manger en quantité goulue est une valeur sûre : le proprio du couvert sus-nommé pourra aller jusqu’à ronfler dans le fauteuil tout le restant de la journée, il est absout et pardonné.

Bigre (!) (…) [biɡʁ]

[biɡʁ] (alt. euph. EXCLAM.)
Il est des interjections exclamatives surannées tout comme il en est des vulgaires, des imagées. Leur utilisation est toujours le fruit d’un savant calcul rendant compte du rapport entre le degré de surprise suscité par l’advenant et l’attendu ou le présupposé. Mais le choix se fait en un temps si infime (on ne s’exclame pas après mûre réflexion) qu’il traduit ce qu’est réellement l’exclamant. Ainsi un « Tu parles ! » admiratif ou non le classera immanquablement dans une catégorie truculente mais bien peu surannée tout comme un agricole « La vache ! » ou encore un ensoleillé « Fatche de c*n ! ». Et je ne vous parle pas des différentes modernités soupçonnant votre maman d’exercer ce qu’il est convenu de dénommer le plus vieux métier du monde (« Ta mère la p*te ») ou encore quelque onomatopée bien compliquée à vous exposer en quelques lignes sans passer pour un cuistre (ce que je ne saurais être bien entendu).