Mettre le paquet [mètre le pakè]

Fig. A. Paquet en attente de livraison dans un bureau de Poste.

La différence entre le bon et le mauvais goût, entre l’acceptable et le récusable, entre le public et l’intime, tient dans la main. Autant dire qu’elle ne pèse pas bien lourd et que sa subtilité pourra paraître déroutante à qui ne maîtrise pas le langage suranné.

Voici bien heureusement de quoi aider le béotien.

Prendre une avoinée (se) [prâdr yn avwané]

Fig. A. « La prise de l’avoinée », artiste anonyme, mai 1968.

[prâdr yn avwané] (loc. verb. ADADA.)
La propension de la langue à transcrire en expressions culinaires peut entraîner la nausée. Mais le français suranné ne saurait échapper à la culture dans laquelle il mijote, aussi l’accompagnerons-nous en cuisine pour la définition que voici.

NB : attention, cette notice contient des violences faites aux animaux et aux étudiants.

Avoir une haleine de saint Colomban [avwar yn alèn de sê kòlôbâ]

Fig. A. Ultra-Brite® ou comment ne pas avoir une haleine de saint Colomban.

[avwar yn alèn de sê kòlôbâ] (loc. verb. St. COL.)
Le plus joli minois qui soit, affublé de tous les atouts d’harmonie que les fées auront pu lui donner (yeux bleus, bouche sensuelle, nez mutin, cheveux blonds, etc.), pourrait bien échouer à séduire sous peine de charrier une haleine de saint Colomban.

Ainsi la langue surannée lorsqu’elle est bien chargée, et pourquoi pas cernée de dents cariées, désigne-t-elle ce souffle que d’aucuns attribuent un peu trop rapidement au chacal.

Ramer des gencives [ramé dé Zâsiv]

Fig. A. Galériens ramant, Ulysse ramant des gencives.

[ramé dé Zâsiv] (loc. verb. GAL.)
Ses détracteurs¹ disent de ce savant dictionnaire raisonné des mots surannés et expressions désuètes, qui comme vous le savez contient des centaines de définitions rigoureuses en bidules, littératures, sciences, langues, arts, sports, pensées & élégances, qu’il n’est que palabres et bafouillages. Des jaloux !