Bonnet de nuit [bɔnɛ də nɥi]

[bɔnɛ də nɥi] (gr. n. BONE.)
Si le caractère hallucinant et totalement dépassé du bonnet de nuit ne fait aucun doute, il convient néanmoins de se pencher un instant sur ses fonctions et utilités. Ce sera donc le débat blogueuse de mode ou fashion police du jour. Comme vous le savez sans doute, l’endormissement est plus rapide et le sommeil de meilleure qualité lorsque les extrémités du corps sont chaudes et protégées.

Turpitudes [tyʁpityd]

Fig. A. ⋯

[tyʁpityd] (n. fém. LAI.)
Dans mon imagination romanesque, turpitudes ne m’apparaît pas dans toute l’ignominie que sa définition pourtant décrit. Non, je la vois comme l’aboutissement d’une fatalité plus que comme un comportement honni. Son pointu « pitu » ? Je ne sais; turpitudes m’est presque sympathique parce qu’elle traîne de la fange, de l’obscur, du subi, de l’échine courbée, du joug.

Passons donc sur ces errements qui nous font faire fausse route pour en venir au sujet : turpitudes est surannée, je le dis. Que oui mon ami ! Turpitudes devrait encombrer les colonnes des journaux, faire la Une ou au moins les gros titres, mais non, rien, pas une apparition ou si peu. Puisqu’elle est action et pensée basse et honteuse, elle devrait régner en maître dans le langages des matamore de plateaux télé, des spécialistes en tout et observateurs aguerris. Mais las, toujours rien. Elle est donc bien surannée.

Marivaudage [maʁivodaːʒ]

[maʁivodaːʒ] (néo. OLÉ.)
La légèreté prosélyte du marivaudage ne rencontre guère plus qu’un vague succès d’estime en ces jours troublés par la farouche volonté d’être quelqu’un (de bien ou pas), la puissance des forces obscurantistes et l’abandon des vestiges du passé (sauf les certifiés « vintage »). Et pourtant marivaudage recèle un petit monde bien agréable, nous parlant de l’amour d’un ton badin, le meilleur qui soit en l’occurrence pour s’assurer de lui survivre. Pourquoi diantre bafouer ce si gentil marivaudage ? Dentelles, perruques et poudres, cache-cache dans les lauriers du parc, bougies et parfums d’ambre, n’est-il pas délicieux ?

Jouer au tennis en pantalon blanc [ʒwe o tenis ɑ̃ pɑ̃talɔ̃ blɑ̃]

Fig. A. Jeu, set et match.

[ʒwe o tenis ɑ̃ pɑ̃talɔ̃ blɑ̃] (spor. HABIT.)
Dans une vie si lointaine que je me demande parfois si je ne l’ai pas imaginée j’ai joué au tennis. Modeste compétiteur de quartier, je finissais ma brève carrière sur un 30/2, pas de quoi casser trois pattes à un canard ou de faire trembler les cadors d’alors, donc.

Cabotin [kabɔtɛ̃]

Fig. B. Figure de cabotin.

[kabɔtɛ̃] (n. m. REBEL.)
Même si le terme outrageusement suranné tend à péjorer celui à qui il s’adresse, j’ai une certaine tendresse pour ce cabotin là. Bien entendu que le cabotin joue, surjoue même, mais il demeure subtil car il offre à son public ce qu’il attend de lui.

Un jeu de dupe en quelque sorte qui fait de lui tout autant l’auteur, l’acteur, que la victime de la farce. Alors le cabotin est excusé, tout éreintant qu’il soit. Le cabotin est tendre, comme un cabot grognant qui ne saurait vous mordre et qui n’attend qu’un signe pour vous faire la fête. L’époque qui a oublié la nuance et la subtilité a bien du mal à reconnaître le cabotin; cela demande du temps et de l’esprit et nous n’avons plus guère ni l’un ni l’autre.

Lutiner [lytine]

Fig. A. Fripon et friponne lutinant.

Lutiner est avant tout délicieux. Il regorge d’esprit fripon, d’espièglerie et de galanterie, même si l’âme animale n’est jamais très loin (il faut bien que le corps exulte comme disait le grand Jacques). Lutiner a aussi une fugacité, une légèreté voire une désinvolture qui frise l’insouciance. Lutiner appelle au regard, au toucher, au parfum et pourquoi pas au goût ! C’est le plus sensoriel et le plus sensuel des verbes de la séduction. C’est aussi pour ça qu’il est tant suranné. Je l’aime bien ce lutiner.