La classe à Dallas [la klas a dalas]

Fig. A. Tête pour Oldsmobile.

[la klas a dalas] (loc. citad. JR)
Prédisposition innée à l’élégance dans l’attitude, la classe se vêt aussi bien de haillons qu’en coton équitable 100% bio d’un marchand des quartiers élégants.

Cette classe, la première sous-entendu (pas la deuxième devenue seconde depuis la disparition de la troisième et de ses bancs de bois), cette classe donc, trouve en une géographie texane plus habituée aux rudes rodéos et à la crémation publique de croix christiques censée marquer son aversion pour la différence, un bien étrange complément : c’est la classe à Dallas.

La classe à Dallas (ville du Texas fondée en 1841) est étrange, bizarre, iconoclaste. Quelle mouche à bœuf a bien pu piquer le langage pour nous fournir un jour cette classe à Dallas ?

Des recherches abouties autorisent à penser que la survenance de l’expression est due aux trois cent cinquante sept épisodes d’une série télévisée mettant en scène les discordes familiales des Ewing, riches pétroliers et éleveurs bovins habitant précisément à Dallas, et de leur toute relative idée de la joliesse et du style.

Diffusée devant les masses avachies sur canapé des samedis soirs bien de chez nous, Dallas (c’est son nom) que l’on se permettait de tutoyer dès le générique¹, remporta un succès d’audience non négligeable et surtout, exposa les codes du raffinement made in USA-profonds aux Français subjugués : moquette à poils géants, tables de marbre rose, cornes de vaches sur capot de voiture, colonnes greco-romano-baroques en péristyle, trahisons et coups bas, tu bois trop Sue Ellen. Telle une génération linguistique spontanée naquit donc en hommage, la classe à Dallas.

Consciencieusement, pendant près de dix ans, TF1 et La Cinq firent l’article de la classe à Dallas, fournissant aux fans et aux moqueurs une expression en rimes riches. Des whiskies de Sue Ellen aux entourloupes de JR, des sautes d’humeur de Pamela aux regards pétris de subtilité du brave Bobby, des coups fourrés des uns aux vengeances des autres, la classe à Dallas laboura le terrain jusqu’à en devenir iconique.

Big D et sa classe retombèrent dans la poussière de l’oubli lors de la saison 14, après le suicide (ou pas) de John Ross Ewing II , personnage à la classe inégalée qui inspira même des présidents, mais ceci est une autre histoire.

¹Dallas, ton univers impitoyable, Dallas, glorifie la loi du plus fort…

Laisser un commentaire