Catégorie : Littératures

Donner dans le Phébus [dòné dâ le féby]

Fig. A. Chapitre 39, de l’instruction du veneur. Ci devise comment on doit aller laisser courre pour le cerf. BnF, Département des manuscrits.

[dòné dâ le féby] (loc. verb. AMPOUL.)
Gaston III de Foix-Béarn, dit Gaston Phébus ou Fébus, régnait tranquillement sur son Béarn, guerroyant et intrigant à qui mieux mieux comme il est alors convenu pour tout seigneur digne de son rang (on est au XIVᵉ).

Prendre Gautier pour Garguille [prâdre ɡotjé pur ɡarɡij]

Fig. A. Janus prenant Gautier pour Garguille.

[prâdre ɡotjé pur ɡarɡij] (loc. verb. ART.)
L‘équivoque est une si grande subtilité du discours et du raisonnement qu’elle ne pouvait se contenter de son origine latine aequivocus pour toute explication. Comme elle est double interprétation possible, elle a trouvé en Hugues Guéru, dit Fléchelles, le moyen de s’exprimer. Suivez le guide pour plus d’explications.

Passer comme une lettre à la Poste [pasé kòm yn lètr a la pòst]

Fig. A. « Il faut que le courrier passe »

[pasé kòm yn lètr a la pòst] (loc. verb. P&T)

Il faut que le courrier passe, devisait-on fièrement en lettres d’or à l’Aéropostale de Pierre-Georges Latécoère. Et l’on sait depuis que Saint-Exupéry nous l’a conté, combien les Jean Mermoz, Léopold Gourp, Emile Barrière, Marcel Reine, Gabriel Thomas, Henri Erable, Henri Guillaumet, Raymond Vanier, André Parayre, étaient fiers de faire traverser les océans à des lettres d’amour, au péril de leur vie.

Donner un soufflet à Ronsard [dòné ê suflè a rôsar]

Fig. A. Pierre de Ronsard croivant qu’il va aller au coiffeur.

[dòné ê suflè a rôsar] (loc. verb. PAF.)

Souvenez-vous : à Cassandre. Souvenez-vous de ces vers.

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée,
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.

Papier pour écrire à Guillaume [papjé pur ékrir a ɡijom]

Fig. A. Guillaume II, le récipiendaire des papiers pour écrire à Guillaume.

[papjé pur ékrir a ɡijom] (gr. verb. GUER.)
Notre époque ne comptant plus de poilus¹, une définition rendant hommage à leur usage de la langue dans les tranchées boueuses ne sera pas de trop. Car c’est à ces hommes dont les noms parsèment les monuments des villages de France avec la mention « morts pour la France », et à ceux qui revinrent de la Grande Guerre, la der des ders², que nous devons le papier pour écrire à Guillaume³ que vous réclamâtes peut-être, coincé dans la cabane au fond du jardin.

Avoir ses lettres de Cracovie [avwar sé lètre de krakòvi]

Fig. A. Le dragon du Wawel, Cracovie.

[avwar sé lètre de krakòvi] (loc. verb. KRAKÓW)
Le fourbe, le félon, le menteur existe depuis la nuit des temps¹. S’il s’épanouit particulièrement bien dans la modernité et ses diverses formes (l’entreprise par exemple, mais ceci est une autre histoire), le tartufe trompeur était aussi présent au temps dit suranné, et possédait ainsi une bien (trop) belle expression pour faire sa description.

Les blagues de Toto [lé blaɡ de toto]

– Toto, douze bouteilles de vin à 6 sous pièce, combien ça fait ?
– A la maison, ça fait 3 jours m’sieur.

[lé blaɡ de toto] (monum. HUMO.)
L‘esprit railleur permet à l’Homme de survivre, comme le souligne Beaumarchais qui se « presse de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer », à quelque époque que ce soit. Trouvant son expression au temps du suranné dans la forme privilégiée du trait d’esprit, l’humour s’est ainsi doté au fil des siècles de solides fondations assurant l’aura du rigolo de la classe pendant les pénibles cours de maths ou celle du tonton blagueur au tout autant écrasant repas de mariage.

La flèche du Parthe [la flèS dy part]

Fig. B. Archer Parthe s’apprêtant à balancer une vanne.

[la flèS dy part] (loc. GUER.)
Cupidon, fils espiègle de Vénus, aimait à balancer des flèches au hasard et regarder où elles pouvaient tomber. J’ai fait pareil avec des ballons de baudruche emplis d’eau depuis le quatrième étage mais n’ai pas connu le même succès que le mignon ailé. Mais ceci est une autre histoire (qui me valut une bonne fessée).

La cour du roi Pétaud [la kur dy rwa péto]

Fig. A. Elève dissipé, doit corriger son attitude.

Fig. A. Elève dissipé, doit corriger son attitude. Archives personnelles.

[la kur dy rwa péto] (loc. adv. ROY.)
Nul roi ou même roitelet, nul dictateur qu’il soit mal ou bien éclairé, nul président normal ou excité, nul responsable des trombones-agrafes-photocopieuse, nul chefaillon en charge de la clef des douches ne vous dira que diriger est chose aisée. Chacun d’eux sait toute la difficulté de l’ordre, de l’écoute des troupes et de leur juste châtiment si besoin est.